
L’Olympique de Marseille a parfaitement lancé sa deuxième partie de saison à Rennes. En arrachant une victoire (0-1) en fin de rencontre, les marseillais se sont offerts un dixième match sans défaite consécutif en championnat. Avec quatre points d’avance sur la troisième place avant d’affronter Rennes, les hommes d’André Villas Boas sont plus que jamais lancés pour décrocher un podium en fin de saison. Le portugais semble avoir trouvé la recette.
Une équipe transfigurée
Il est loin cet Olympique de Marseille qui semblait fragile et sans aucune confiance. L’attitude marseillaise a considérablement changée cette saison. Le groupe paraît plus fort, plus serein et plus soudé. Comme l’a souligné le coach portugais après la victoire contre Rennes : «Notre attitude est incroyable. Alors que nous avons presque la même équipe mais elle présente un visage, un courage et une agressivité qui n’étaient pas là l’an dernier». En effet, les phocéens ont encore fait preuve de caractère en Bretagne, malmenés durant la seconde période, ils ont finalement réussi à s’imposer suite à un coup franc de Payet repris ensuite par Strootman.
Le coup de force de Villas-Boas est assurément d’avoir redonné confiance à un effectif qui semblait de plus en plus fade sous Rudi Garcia. Cette saison, on peut voir le retour en grâce de Steve Mandanda, le portier est de nouveau flamboyant dans les buts et ça change beaucoup de choses. Après des semaines compliquées, dans la lignée de sa saison dernière, on a aussi vu un Jordan Amavi ré-émerger et enchaîner des performances de bonnes factures. Le défenseur croate Caleta-Car est lui métamorphosé, il est passé d’un statut de poids de la défense à une assurance en défense centrale, au côté d’Alvaro Gonzalez. Mais l’homme qui représente le mieux ce regain de confiance est Dimitri Payet. Le réunionnais évolue de nouveau à un niveau extraordinaire, au-delà de ses statistiques (6 buts et 3 passes décisives en 16 matchs) il est le maître à jouer de l’équipe, il crée, distribue, fait les différences .. et participe même un peu plus aux tâches défensives. Il est le game-changer de cet OM, capable de faire gagner des matchs, de débloquer des rencontres. Son importance est indéniable, et on le voit sur la physionomie des matchs chaque week-end, lorsqu’il est dans un jour plus compliqué c’est souvent toute l’équipe qui est en difficulté.
Le coach portugais semble avoir trouvé le bon discours pour remobiliser le vestiaire marseillais. Avec un mercato longtemps critiqué, il a finalement réussi à peaufiner l’effectif pour créer une colonne vertébrale solide.
Une sérénité retrouvée
Il y a cette impression, que tout ce qui faisait défaut à l’OM de Rudi Garcia, a été «résolu» cette saison. A commencer par Mandanda, qui s’est vu remettre le brassard de capitaine à l’arrivée d’AVB, et qui renaît définitivement de ses cendres. On revoit enfin le vrai talent du cinq fois meilleur gardien de Ligue 1, capable d’être un vrai facteur x pour son équipe, d’enchaîner les parades ou de sortir celle qu’il faut. Ensuite, un des problèmes récurrents ces dernières saisons, la charnière centrale, est enfin gage de sécurité. Alvaro Gonzalez s’est vite imposé comme un roc en défense, rassurant l’arrière garde marseillaise (70,4 % de duels gagnés, 73,3 % de duels aériens) tout en donnant une fougue et une énergie impressionnante. L’espagnol n’a pas encore connu la moindre défaite cette saison. Puis, comme évoqué plus haut, le réel potentiel de Duje Caleta-Car nous ait enfin offert. Plus de boulettes, il est désormais concentré et appliqué (88,4 % de passes réussies) et se révèle enfin à la Ligue 1. Il a encore livré une performance plus que solide à Rennes. Ses dégagements (4,1 par match en moyenne) et ses sorties de balle font beaucoup de bien à la défense phocéenne, en plus de son jeu long qui est plutôt bon. Les deux forment alors une charnière rassurante, loin des nombreuses errances défensives des dernières saisons.
Du jeu … enfin
Avec un effectif court, AVB a dû plus d’une fois bricoler. Et le positionnement de Bouba Kamara en sentinelle s’est avéré payant. Parfois pointé du doigt en défense centrale, le minot marseillais se régale devant la défense. Il fait preuve d’une étonnante maîtrise de ce poste : il récupère en moyenne 1,7 ballons par match, a une très bonne qualité de tacles et réussit 85,5 % de ses passes. A Rennes, il a livré une grosse performance, face à Eduardo Camavinga, il a récupéré 10 ballons et fait 3 interceptions, ce qui lui a valu d’être dans l’équipe de la journée chez l’Équipe.
A côté de lui, on a la plupart du temps le duo Rongier-Sanson. Valentin Rongier, arrivé cet été, illumine le jeu marseillais. C’est l’une des pièces maîtresses du coach portugais. Il récupère 1,3 ballons par match en moyenne, livre 1,3 passes clé par match et réussit 85,6 % de ses passes. Mais au-delà des statistiques, c’est lorsque l’on regarde les 90 minutes d’un match que l’on voit son apport. C’est un joueur qui a la capacité d’être à la récupération et à la construction des actions. Avec Sanson, ils forment un milieu dense, capable de couvrir de grands espaces. Ils permettent, une fois la récupération faite, de se projeter vite vers l’avant, avec leur qualité technique et leur jeu de passes. Leur duo, combiné à Kamara ou Strootman en numéro 6, fait du milieu marseillais un des meilleurs du championnat et donc une clé de réussite.
Avec un mercato réussi, le duo Zubizarreta-AVB a réussi à monter un groupe performant. En plus des apports d’Alvaro Gonzalez et de Valentin Rongier, Dario Benedetto est venu renforcer l’attaque olympienne. Après avoir vu partir Balotelli, les supporters marseillais ont vite été conquis par la grinta de l’argentin. En feu en début de saison, plus discret ensuite, il a apporté ce dont le club olympien recherche depuis quelques saisons. Un numéro 9 mobile, qui presse, qui participe au jeu, avec une bonne qualité technique. Pointé du doigt par certains pour son manque d’efficacité, il est malgré tout indispensable au jeu marseillais, par ses appels, sa participation au jeu, et on remarque la différence lorsqu’il n’est pas sur le terrain. Les marseillais peuvent également compter sur un homme qui n’était plus attendu, Nemanja Radonjic. Le serbe a inscrit son premier but en Ligue 1 cette saison, à Toulouse. Il a marqué cinq buts toutes compétitions confondues, et est devenu une solution de plus en attaque, AVB ne s’en plaindra pas.
Il y a donc un groupe soudé et déterminé à aller chercher une place qualificative pour la Ligue des Champions. Malgré un effectif court, limité par les blessures et les suspensions tout au long de la saison, l’état d’esprit du groupe marseillais semble faire la différence. Avec un vestiaire plus apaisé, et totalement derrière son coach, il semble être plus facile de travailler et de progresser.
Tenir la distance
Néanmoins, tout n’est pas parfait. Cette saison, des joueurs comme Hiroki Sakai, Bouna Sarr ou Valère Germain sont pointés du doigt pour leurs performances en dessous de leur potentiel, mais aussi et surtout de leurs partenaires. L’absence prolongée de Florian Thauvin n’arrange pas les choses non plus. Elle entraîne Villas-Boas à titulariser Sarr en ailier droit, et on sait que le duo Sakai-Thauvin s’entendait plutôt bien dans le couloir droit de Garcia. En plus de l’absence du champion du monde (qui devrait revenir sur les terrains contre Nantes, à la vingtaine de février), les marseillais ont tendance à collectionner les cartons cette saison, et donc Villas-Boas est contraint de bricoler. Aujourd’hui contre Angers, c’est Kamara, Payet et Sarr qui sont suspendus.
De plus, il va falloir faire attention à ne pas entrer dans une «Payet dépendance» : l’OM prend 2,3 points avec lui, contre 1,3 sans lui. Sur les quatre matchs loupés en Ligue 1 par le réunionnais, son équipe présente un bilan d’une victoire, deux nuls et une défaite. Comme l’a souligné son coach, «Dimitri est intransférable», «cette qualification en Ligue des Champions n’est pas possible sans un joueur comme Payet». Le numéro 10 va manquer à ses coéquipiers contre Angers, et AVB «a besoin d’un effort de tous les joueurs pour compenser cette absence », et montrer que son équipe ne dépend pas d’un seul homme.
Malgré les récents différents entre le coach et le président Eyraud, l’OM semble avoir trouvé la bonne recette, au moins sur le terrain. En attendant de voir ce qu’il se passera cet été, toutes les têtes sont tournées sur l’objectif de la Ligue de Champions. Les marseillais ont profité d’une mauvaise première partie de saison des équipes jouant l’Europe (Lille, Lyon, Monaco, Saint-Étienne, Bordeaux) pour prendre de l’avance au classement. Avec le match nul de Rennes contre Nice hier, les marseillais peuvent prendre, en cas de succès, sept points d’avance sur la troisième place. Les semaines à venir vont être déterminantes pour les hommes de Villas-Boas, qui vont se déplacer à Bordeaux, Saint-Étienne et Lille avant le 15 février.
Dans la lignée de la première partie de saison, les marseillais ont bien commencés 2020. André Villas-Boas semble avoir amené un vent de fraîcheur dans la cité phocéenne, qui rêve plus que jamais de la Ligue des Champions. Invaincus depuis trois mois, les hommes d’AVB auront à cœur de continuer leur série face à Angers afin de creuser encore un peu plus l’écart avec leurs poursuivants. Sans Kamara, Sarr et Payet, le coach portugais devra encore trouver des solutions, ce qu’il fait à merveille depuis le mois d’août.
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