La Ligue 1 a repris ses droits depuis maintenant deux semaines en France, avec deux journées disputées. Une reprise qui s’est déroulée dans l’ombre des compétitions européennes et dans le flou provoqué par le Covid-19. Pourtant, sans faire de bruits, cette saison pourrait être très plaisante à suivre.

Une «Ligue des talents» plus compétitive ?

La saison 2019-2020 fut quelque peu décevante. Le niveau de jeu globalement affiché chaque week-end a de nouveau été laborieux. L’avance prise par l’OM à la deuxième place, et la stagnation en milieu de tableau des cadors Monaco et Lyon, avaient rendus la lutte européenne un peu moins folle. Il faut également prendre en compte que la saison s’est arrêtée à la 28e journée, laissant ainsi le suspens de la fin d’exercice au placard.

Mais c’est désormais la saison 2020-2021 qui nous intéresse, et qui pourrait nous séduire un peu plus. Évidemment, il n’y a que très peu de chances pour qu’une équipe vienne titiller le Paris Saint-Germain. Encore une fois, le club de la capitale est l’immense favori, et semble bien seul. Mais derrière, on pourrait assister à une belle bataille pour les places européennes, que ce soit pour la Ligue des Champions ou la Ligue Europa.

Un podium très convoité

Comme souvent, notre Ligue 1 et ses places européennes risquent d’être disputées par bon nombre de clubs. Pour l’exercice qui commence, les candidats sont nombreux : Marseille, Rennes, Lille, Nice, Lyon, Monaco, Montpellier ; sans oublier Reims ou encore Nantes qui pourraient jouer les trouble-fêtes. C’est une liste évidemment non-exhaustive. Une équipe pourrait se faufiler parmi ces prétendants, comme l’ont su faire les rémois il y a quelques mois. Pour ce qui est des places qualificatives pour la LDC, en considérant la place du PSG comme acquise, cinq équipes semblent fortement se démarquer pour les deux places restantes : Marseille, Rennes, Lille, Lyon et Monaco.

Les marseillais et les rennais auront à cœur de garder leurs places pour la Ligue des Champions. Avec des effectifs qui n’ont (pour l’instant) pas trop bouger, et avec quelques recrues en plus, les deux formations semblent armées pour gérer le championnat et la Coupe d’Europe. Les rennais, auteurs d’un nul à Lille et d’une victoire face à Montpellier, ont idéalement lancés leur saison. Désireux de jouer de nouveau les premières places, le club breton s’en donne les ambitions. Avec un football séduisant et porté sur l’avant, les bretons ont les armes pour séduire, et pour faire mal à plus d’une défense de Ligue 1. Au milieu, Nzonzi et Bourigeaud seront aux côtés d’Eduardo Camavinga, le tout frais international français, qui a déjà éclaboussé de son talent le championnat après deux journées.

Pour le groupe d’André Villas-Boas, la reprise a été plus que perturbée. Avec des cas positifs de Covid-19 qui se sont multipliés, les olympiens ont vu leur premier match face à Saint-Étienne reporté, avant de commencer la saison sur une victoire à Reims (2-3). Le club marseillais, avec un mercato discret mais intelligent, se battra de nouveau pour aller en Ligue des Champions. Avec des recrues très peu coûteuses, en prêt (Balerdi) ou libre (Nagatomo), l’OM a réussi à se renforcer sans dépenser de sommes affriolantes. À cela il faut ajouter le retour de Florian Thauvin, considéré comme une recrue à part entière pour cette reprise de saison, et déjà impliqué sur les trois buts contre les rémois.

Du côté des dogues de Christophe Galtier, la recette est toujours la même. On a vendu le ‘meilleur joueur’, Victor Osimhen, pour pas moins de 81,3 millions d’euros (bonus inclus). Puis, on a reconstruit l’équipe avec de jeunes joueurs et de bonnes pioches à l’étranger. Le onze lillois reste très séduisant, toujours très porté vers l’avant, avec une vitesse qui fera sûrement encore des dégâts. Avec la Ligue Europa en parallèle, les lillois devront gérer l’accumulation des matchs si ils veulent espérer remonter sur le podium.

Reste alors Lyon et Monaco. Les deux «gros» qui ont eu tant de difficultés la saison dernière. Pour le club de la principauté, c’est encore une saison qui pourrait promettre. Mais comme les saisons précédentes, tout peut aller vite avec l’ASM. Sans être européen, Monaco a tout de même réussi à garder ses meilleurs joueurs, dont Wissam Ben Yedder, qui sera bientôt rejoint par Kevin Volland (en provenance du Bayer Leverkusen). Désormais menés par Niko Kovac, qui souhaite ramener Monaco «au sommet de la Ligue 1», les monégasques pourraient profiter de leur calendrier plus léger que celui de ses concurrents.

Ce profit compte aussi pour Lyon, qui voudra absolument redevenir européen après vingt-quatre ans consécutifs de présence au niveau continental. Malheureusement pour les gones, contrairement à Monaco, il faudra attendre de voir si l’absence de compétition européenne entraînera de multiples départs (Aouar, Depay …). Car cette équipe lyonnaise telle qu’elle est, comme on a pu le voir cet été, a largement son mot à dire dans ce championnat. Rudy Garcia devra sûrement faire avec un ou deux éléments majeurs en moins. Mais les chances lyonnaises ne sont pas mortes. Avec une relève constante qui arrive, comme le ‘crack’ Maxence Caqueret, les septuples champions de France auront des arguments à faire valoir, reste à savoir si ils tiendront la route face aux autres écuries.

Des outsiders affamés

Pour ce qui est des autres prétendants, on ne voit pas vraiment qui pourrait venir se mêler sérieusement à la course au podium. Sur le papier, ce sont sûrement les niçois qui sont le mieux armés. Après une qualification en Ligue Europa, l’équipe de Patrick Vieira compte bien faire aussi bien. Fort de belles recrues, tels qu’Amine Gouiri, Morgan Schneiderlin ou encore Rony Lopes, les niçois comptent bien s’installer en haut du classement, et rentrer dans la course au podium pourquoi pas.

Les autres outsiders semblent (à première vue) devoir se cantonner à une lutte pour les places en C3. Il sera intéressant de voir si les rémois, meilleure défense du dernier exercice (21 buts encaissés), parviendront à réaliser une deuxième saison d’exception. La bande à David Guion, qui pourrait disputer la Ligue Europa elle aussi (cinquante-sept ans après une dernière participation en coupe d’Europe) voudra de nouveau s’immiscer dans la discussion.

Les montpelliérains eux, après deux saisons passées à quelques points d’une place qualificative, voudraient enfin renouer avec l’Europe. Avec un effectif et un entraîneur stable depuis trois ans, les héraultais savent où ils vont. Ces derniers, renforcés par les transfert du gardien Jonas Omlin (venant de Bâle) et de l’attaquant Stephy Mavididi, pourront s’appuyer sur leur solidité défensive et leurs maestros Savanier et Mollet pour s’inviter de nouveau aux discussions européennes.

Avec la nomination de Christian Gourcuff au début de la saison dernière, Nantes a recommencé à croire à une qualification européenne. Arrivé à la deuxième journée, l’ancien coach de Lorient a tout de même réussi à installer son style de jeu à un groupe qu’il n’avait pas choisi. Après une treizième place (à quatre points d’une place qualificative), les mois d’interruption ont permis à Gourcuff de mieux imprégner sa philosophie de jeu aux nantais. Ces derniers se sont renforcés avec Pedro Chirivella (23 ans), milieu passé par Liverpool ; et ont également levé l’option d’achat de Moses Simon, qui était prêté par Levante, tout en ayant le retour de Marcus Coco (rupture des ligaments croisés) qui devrait dynamiser l’avant jeu des canaris.

Voilà le tour d’horizon des équipes qui devraient se disputer les premières places du classement. Mais attention, on est loin d’être à l’abri d’une saison décevante d’une ou de plusieurs équipes citées, tout comme une saison mieux réussie que prévu pour un autre club.

Encore une fois, la Ligue 1 va être très disputée dans la première partie de tableau. La lutte pour le maintien sera également à suivre, comme chaque saison elle devrait être acharnée et très serrée. En espérant que la crise du coronavirus ne viendra pas gêner le déroulement de la saison, la «Ligue des Talents» a les ingrédients pour nous offrir une saison salivante et compétitive. Après deux clubs en demi-finale de Ligue des Champions, le championnat français doit continuer de briller en Europe.