
Rafael Nadal remportant son premier Roland-Garros en 2005
Rafael Nadal est revenu sur les courts à Rome, après six mois sans compétition. Il s’est incliné dès les quarts de finale contre Diego Schwartzman. Mais le majorquin est déjà tourné sur Roland-Garros 2020, une édition qui sera plus particulière que jamais, où il a remporté ses deux premiers tours aisément. Avant de peut-être le voir remporter son treizième titre Porte d’Auteuil, retour sur la domination quasiment sans partage du «roi de l’ocre» depuis maintenant quinze ans.
Ce lundi 28 septembre, Rafael Nadal a débuté sa seizième campagne à Roland Garros, en battant Gerasimov. A la conquête de son treizième titre à Paris, il disputera sa plus particulière édition. Avec la situation sanitaire et le fait que le tournoi se déroule fin septembre, il a avoué que c’était «les conditions de jeu les plus compliquées» qu’il a connues ici : «la balle est très lourde, c’est très lent, il fait froid». Avant de voir la suite de cette quinzaine, nous allons revenir sur quinze ans de domination, quinze ans où Nadal a fait de la terre battue son jardin privé.
Des chiffres stratosphériques sur terre battue
Jamais un joueur n’avait dominé cette surface d’une telle manière. Il est dur de référencer tous les exploits et les chiffres démesurés de l’espagnol sur terre. Depuis 2005 et ses dix-huit ans, le majorquin a fait de la terre battue sa chasse gardée. Des statistiques folles, des records à foison, et une domination quasiment sans partage. Depuis quinze ans, Nadal a remporté 59 titres sur terre battue (dont 25 sans concéder un seul set !), ce qui est évidemment un record. D’avril 2005 à mai 2007, il remporte 13 tournois de suite sur l’ocre et enchaîne 81 matchs sans défaite, un record sur une même surface. Chaque année est synonyme de prouesses avec Nadal. En 2010, il réalise l’exploit inédit du «Grand Chelem Rouge» : il remporte Monte-Carlo, Rome, Madrid et Roland-Garros (soit les quatre grands tournois sur terre de la saison) ; il conclut alors une deuxième saison sans concéder de défaite sur l’ocre (après 2006), un record, encore. En 2011, il remporte Monte-Carlo pour la septième fois de suite, un record hommes et femmes confondues dans l’ère Open (il passera à huit en 2012) ; il montera sa série de victoires lors de ce même tournoi à 46, un record dans l’histoire du tennis masculin, avant de s’incliner face à Djokovic en 2013. En 2017, il inscrit son nom pour la 10e fois au palmarès d’un même tournoi, le premier joueur à réaliser cet exploit dans l’ère Open. Le plus amusant ? C’est que Rafa réalise cet exploit en avril à Monte-Carlo, puis à Barcelone une semaine plus tard, avant de le faire à Roland-Garros en juin. On pourrait continuer longtemps, en disant par exemple qu’il a un ratio de 118 victoires et 2 défaites dans les matchs en trois sets gagnants. Mais vous l’aurez compris, la liste est longue.
Nadal est une machine de guerre sur terre battue, il en détient quasiment tous les records. Le ‘taureau de manacor’ est tout simplement invaincu en Coupe Davis, en intérieur, et dans les rencontres en 5 sets. Il est également le seul à avoir plus de titres (59) que de défaites (39) sur une même surface. Rien que ça.
Une domination quasiment sans partage à Roland-Garros
Jamais un joueur n’avait dominé un tournoi d’une telle manière. Un tournoi du Grand Chelem d’autant moins. Rafael Nadal à Roland-Garros, c’est aujourd’hui un mythe, quelque chose d’indissociable. Depuis quinze ans, petits et grands ont pu admirer les exploits de l’espagnol Porte d’Auteuil. Sur ces quinze ans ? Douze sacre. Douze. Inimaginable. Alors que tout le monde pensait le record de six titres à Paris de Bjorn Börg imbattable, le majorquin en a gagné le double, en l’espace d’une décennie et demie. C’est le premier joueur (homme) de l’histoire a remporté plus de dix fois le même Grand Chelem, puis il est devenu le recordman de l’histoire du tennis avec ses douze titres sur un même tournoi (seul Martina Navratilova en a gagné autant, au tournoi de Chicago). Encore une fois, ses statistiques sont folles, inimaginables, alors qu’il s’agit d’un Grand Chelem. Douze sacres, deux défaites et un forfait, voilà ce qu’a réalisé Nadal à Roland-Garros. Avant cette édition 2020, Nadal en est à 95 matchs, pour 93 victoires. Un pourcentage de victoires à 97,9%, gigantesque, et évidemment un record pour un GC. Lors de ces 95 matchs, il a été poussé seulement deux fois en cinq sets (face à John Isner en 2011 et Djokovic en 2013), pour deux victoires. En 2017 il se rapproche même du record de Bjorn Börg en étant sacré en concédant que 35 jeux, contre 32 pour le suédois.
Rafael Nadal à Roland-Garros, c’est un tyran sans partage, ou presque. En quinze ans, seul trois ont réussi à remporter le «French Open». En 2009, après un huitième de finale perdu face à Söderling, c’est Federer qui en a profité, lui qui courait après son premier sacre parisien. Puis en 2015, année noire pour l’espagnole, c’est Wawrinka qui s’imposa face à Djokovic, ce dernier pourtant vainqueur de son rival en quarts. Le serbe aura droit à son sacre l’année suivante, alors que Nadal avait du déclarer forfait pour son 3e tour. C’est donc cela, les miettes laissées par le majorquin. Quinze ans de domination outrageuse, avec seulement deux défaites et un forfait, c’est juste irréel. Alors oui, Wimbledon a couronné seulement quatre vainqueurs également, et l’Open d’Australie cinq. Mais la domination de Nadal est sans comparaison. Dans l’ère du «Big Three», il a laissé seulement un titre à Federer et à Djokovic ; Wawrinka a réussi à se faufiler, ce qui n’est pas le cas des Murray, Del Potro, Cilic …
Nadal sur terre battue, «le plus grand défi imaginable»
La domination de Rafael Nadal sur terre battue est telle, qu’elle a laissé sa trace dans l’histoire du sport. Lorsque l’on pense tennis on pense à Federer évidemment, puis à Nadal et Roland-Garros. Ce qu’a accompli l’espagnol sur cette surface, et plus particulièrement sur le Grand Chelem français, est l’un des plus grands accomplissement du sport moderne. Jouer Nadal sur terre battue est devenu un défi pour chacun, même pour son rival Djokovic, qui l’a battu seulement sept fois en vingt-quatre confrontations. Tous les joueurs du circuit qui ont témoigné sont unanimes, Nadal sur terre, c’est LE défi. Jamais un joueur n’avait paru si à l’aise, et si favori dans chacun de ses matchs sur une surface (si ce n’est Roger Federer sur dur, à une époque). Ce qui est d’autant plus frappant, c’est cette longévité. Malgré tous les soucis rencontrés, les blessures, les bas, Nadal a remporté au moins un tournoi sur terre plus de quatorze années de suite. Avoir un pourcentage de victoires supérieures à 90 % sur une surface est juste gigantesque. Les mots manquent lorsque l’on évoque Rafa et la terre battue. Sa domination, son aisance, sa supériorité sont sans nom. Dominic Thiem, l’autrichien, le nouveau prince de l’ocre, est sûrement le seul sur le circuit à pouvoir s’élever au niveau de Nadal sur terre. Il avait été interrogé quant au fait de jouer Nadal à Paris, en cinq sets, et c’est peut-être lui qui résume le mieux l’ampleur de la chose : «C’est peut-être le plus grand défi imaginable, non seulement en tennis, mais dans tout le sport actuel».
Des chiffres et des accomplissements qui font tourner la tête. Rafael Nadal fait parti des plus grands tennismans de l’histoire. Il est le plus grand joueur de tous les temps sur terre battue. Durant quinze ans, il n’a laissé que des miettes au reste du circuit. Alors qu’il vient de fêter ses 34 ans, il semble lui rester quelques années pour remplir un peu plus son armoire à trophées. Alors profitons tant qu’on le peut encore. Profitons de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux, profitons encore du «roi de l’ocre».
