On sera tous d’accord pour dire que cette année 2020 n’a rien d’ordinaire. Le football ne fait pas exception à la règle, et ce début de saison est très particulier. Stades vides, rencontres reportées et protocoles sanitaires rythment le monde du football depuis quelques mois. Mais outre les impacts de la crise du Covid-19, ce début de saison est également surprenant sur les terrains. Entre des hauts de classements chamboulés, un rythme effréné et des surprises venant pimenter le tout, on a pas le temps de s’ennuyer.

Des cadors chamboulés

Un petit vent de fraîcheur a soufflé sur les cinq grands championnats européens durant les premières semaines de cette saison 2020/2021. Loin d’assister à une révolution, on a quand même pu voir quelques cadors européens à la peine, en championnat ou en Europe.

A commencer par le Paris-Saint-Germain, qui s’est incliné sur ses deux premiers matchs de championnat, face à Lens et Marseille, fait assez rare pour être souligné. Le dernier finaliste de la Ligue des Champions se voit aussi en difficulté en Europe, après deux défaites en trois matchs. La liste interminable de blessés des hommes de Thomas Tuchel n’aide évidemment pas. Mais les parisiens sont loin d’être les seuls, dans toute l’Europe les ‘gros’ ont du mal à enchaîner. De l’autre côté des Alpes, la Juventus connaît aussi quelques embûches. Cinquième du championnat, la Juve peine dans son jeu et a déjà subi quatre matchs nuls ; ainsi qu’une défaite à domicile face au Barça en LDC. Son rival l’Inter Milan, après une saison plus que réussie, retombe dans ses travers. Les hommes de Conte ont loupés toutes leurs grosses échéances : nul contre la Lazio et l’Atalanta, défaite face au Milan AC et seulement deux points pris en Europe (nul face au Borussia M’Gladbach et le Chakhtior Donetsk, défaite face au Réal).

Du côté de l’Espagne, ce sont les deux géants qui vacillent. On a vu le Réal chuté face au promu Cadix à domicile, et s’écrouler à Valence juste avant la trêve internationale (1-4). Avant de battre l’Inter en LDC, ils avaient perdus face au Chakhtior et obtenu le nul à la dernière minute face à M’Gladbach. Leur rival catalan ne rassure pas plus. Même si les résultats ne sont pas inquiétants, premier de leur poule de LDC avec trois victoires sur trois et possiblement sur le podium de la Liga avec leur deux matchs de retard, les barcelonais alternent le bon et le mauvais. Ronald Koeman n’a pas su apporter la stabilité espérée, et on a vu notamment le Barça chuté à Getafe et sombrer dans le Clasico (1-3).

Alors qu’on attendait énormément la saison de Premier League, avec un Top 6 au haut niveau, le plan ne s’est pas encore déroulé comme prévu. Seuls Tottenham et Liverpool tiennent plutôt leur rang, malgré des difficultés, notamment une gifle reçu par les reds à Aston Villa 7-2 ! Actuellement sur une très bonne dynamique, les blues de Chelsea ont peinés à démarrer. Incapables d’enchaîner deux victoires de suite avant fin octobre, les hommes de Franck Lampard ont longtemps été sur courant alternatif. Le voisin londonien Arsenal, fidèle à lui-même, est un monstre d’inconstance. Onzième avec déjà quatre revers, l’équipe d’Arteta semble néanmoins avancer dans le bon sens. Leur principal problème est toujours le même, les confrontations contre les «grosses» équipes : défaite face à Liverpool, Manchester City, Leicester et Aston Villa. Après un calendrier compliqué, on verra si les gunners réussissent enfin à trouver de la constance dans les résultats. Mais les deux grands malades se trouvent à Manchester. Si leur parcours européen est bon pour l’instant, cela est bien plus compliqué en Angleterre. United est quatorzième, avec seulement dix points en sept matchs, et a déjà chuté trois fois, dont une défaite 6-1 infligée par Tottenham ! Son voisin City lui, dixième avec douze points, s’est fait également humilié par Leicester 5-2 ! C’est surtout dans le jeu que l’on ne reconnaît pas l’équipe de Pep Guardiola. Le tacticien espagnol continue de dénaturer son jeu. Habitué à une ultra-domination et une maîtrise complète, les skyblues peinent cette saison à retrouver leurs standards.

Les grosses écuries ont toutes connues plus ou moins des difficultés majeures en ce début de saison. Seul le Bayern Munich semble être à l’abri des faux-pas pour l’instant, malgré une défaite 4-1 lors de leur deuxième match de championnat. L’enchaînement des matchs, les blessures et les cas de Covid-19 sont évidemment à prendre en compte dans tout cela. L’organisme des joueurs sont mis à rude épreuve.

Des ‘surprises’ très plaisantes

Un vent de fraîcheur a surtout été amené par quelques équipes, quelques ‘surprises’ qui sont venues pimenter ce monde du football, qui paraît bien terne dans ce contexte si particulier. Pour les amoureux du ballon rond, ce début de saison a été un régal. Tout d’abord, on a eu (enfin) droit à la folie de Marcelo Bielsa en Premier League. Le premier match de Leeds nous a offert un scénario complètement fou face au Liverpool de Jurgen Klopp. Un match qui s’est soldé par un score de 4-3 pour le champion en titre. Leur deuxième match ? Une victoire 4-3 face à Fulham. Actuels quinzième, les hommes d’«El Loco» sont vite rentrés dans le rang, mais nous offrent régulièrement de belles prestations, comme lors de leur victoire 3-0 sur le terrain d’Aston Villa. De la fraîcheur ? La Premier League en a à revendre. L’Everton de Carlo Ancelotti a émerveillé le royaume. Après un mercato brûlant, les Toffees ont enchaînés six victoires toutes compétitions confondues, avant de faire un nul dans le derby de la Mersey face à Liverpool, et de rentrer dans le rang à leur tour avec trois défaites consécutives. Que dire d’Aston Villa ? Emmené par un Jack Grealish étincelant, ils ont débutés par quatre victoires, dont le 7-2 infligé à Liverpool, et sont allés gagner 3-0 sur la pelouse d’Arsenal avant cette trêve internationale, pour être à la sixième place avec un match de retard.

Les romantiques ont également pu se régaler devant le Calcio italien. Loin d’être régulier, l’Atalanta de Gian Gasperini continue de nous émerveiller. Avec un jeu fortement tourné vers l’avant, les matchs des bergamesques ne sont jamais ennuyant. On les a vu infliger de lourdes défaites, comme à la Lazio (4-1) ou Cagliari (5-2), mais aussi subir les risques de leur jeu très offensif, avec une claque reçu par Liverpool (5-0). Du beau jeu, on en retrouve chez le Sassuolo de monsieur Roberto De Zerbi. Après une saison déjà plaisante à suivre l’année dernière, les noreverdis continuent d’impressionner. Avec une deuxième place et quinze points pris sur vingt-et-un, le jeu installé par De Zerbi porte ses fruits. Cette équipe est bourrée de talents, comme Locatelli ou Berardi qui excellent chaque week-end, ou encore un Francesco Caputo, qui à 33ans n’en finit plus de marquer (déjà huit buts en dix matchs). Ce collectif bien rôdé, où Maxime Lopez (ex-Marseille) s’est parfaitement intégré, est un délice à voir jouer chaque week-end.

Enfin, nos amis espagnols ne sont pas en reste quand il s’agit de nous divertir. Les deux géants sont en deçà de leur niveau ? Et bien ce n’est pas grave. La Real Sociedad est là pour tenir le rang. Actuelle leader, elle n’a subi qu’un revers, contre Valence. La formation d’Imanol Alguacil est plaisante à regarder et très efficace. L’arrivée de David Silva a ajouté une bonne dose de talent à un effectif qui n’en manquait pas : Monreal, Merino, Illarramendi, Januzaj, Willian José … L’ancien citizen s’est vite imposé en patron au milieu, pendant que Mikel Oyarzabal éblouit lui aussi par sa classe et son talent. Juste derrière, à un point, on retrouve le Villareal d’Unai Emery. L’ancien entraîneur du PSG a sublimé cet effectif plein de qualité. De la possession, de la maîtrise, et de l’efficacité devant le but, voilà la recette du sous-marin jaune, qui n’a subi qu’une défaite cette saison (4-0 à Barcelone) et qui est invaincu depuis neuf matchs. Là aussi, beaucoup de joueurs bourrés de talents, qui sont sublimés une fois tous insérés dans un collectif qui tourne bien : Mario Gaspar, Iborra, Parejo, Gomez, Moreno, Paco Alcacer … Enfin, ce n’est pas une surprise, mais l’Atlético de Madrid a lui repris des couleurs. Actuel troisième, à deux points de la Real en comptant deux matchs de retard, la formation de Diego Simeone est peut-être le favori pour le titre cette année. Malgré le départ de Thomas Partey, les colchoneros sont de nouveau très solides et ont tout pour réaliser une bonne saison. Devant, Luis Suarez retrouve de sa superbe et épaule la pépite João Félix, qui s’amuse et nous enivre de son talent. Le portugais a déjà huit réalisations en onze matchs, quand il en avait neuf la saison dernière sur toute la saison.

A défaut d’aller au stade, les amoureux du football et du beau jeu ont de quoi se délecter devant leur écran. Beaucoup d’équipes nous offrent chaque week-end du beau spectacle, et cela promet pour la suite de la saison.

Peu de repos, des compétitions qui s’enchaînent, des blessures et des cas de Covid-19 font de ce début de saison une course effrénée. Les stades sont vides de spectateurs, mais la féerie est toujours là. Le président Macron a annoncé que les supporteurs pourront revenir au stade après le 1er décembre, avec une jauge adaptée à la capacité d’accueil de chaque enceinte. Une très bonne nouvelle pour tout le monde du football.