A l’heure des demi-finales de Conférence, un vent frais souffle sur la NBA. De nouveaux visages, des franchises qui pointent le bout de leur nez, et cela nous donne des affiches excitantes. Loin des Playoffs précédents, cette édition 2021 nous réserve encore de belles choses.
Un renouveau en post-season
Ces Playoffs 2021 ont une petite odeur de renouveau, de sang neuf. Cette année marque le retour de certaines franchises qui n’avaient plus jouées en post-season depuis un moment. Les Hawks et les Grizzlies participent à leurs premiers PO depuis 2017, les Knicks eux ont pu renouer avec un Madison Square Garden de folie pour leurs premiers matchs de PO depuis 2013. Alors que les Phoenix Suns ramène l’Arizona dans la cour des grands après une dernière participation en 2010 !
Ces comebacks, plus ou moins heureux, ont amenés pour l’instant les Hawks et les Suns en demi-finale de Conférence, depuis respectivement cinq et onze ans. Le Utah Jazz retrouve également ces demi après 2018, et deux éliminations dès le premier tour. Tandis que les Brooklyn Nets, certes attendu avec leur armada irréelle, retrouve les demi-finale sept ans après.
Huit équipes, cinq non titrées
Après une décennie dominée dans un premier temps par le Heat et les Spurs, puis ensuite par les Warriors et les Cavaliers, les choses commencent à changer depuis deux saisons. Parmi les huit franchises restantes dans ces demi-finales de Conférence, cinq n’ont toujours pas de bannière de champions : Clippers, Jazz, Suns, Nuggets, Nets. Les trois autres ? Une seule, et ça commence à remonter : les Hawks en 1958, les Bucks en 1971 et les Sixers en 1983. Quoiqu’il se passera dans les semaines à venir, le champion couronné sera un nouveau visage dans cette NBA moderne.
Pour les férus de statistiques, on peut rajouter que la Finale NBA se disputera sans les Lakers, le Heat, les Warriors ou les Spurs pour la première fois depuis 1998.
Loin des franchises historiques et des gros marchés, des franchises rafraîchissantes viennent se mêler à la course au titre. Phoenix, Utah, Denver, Atlanta, Milwaukee … ce vent frais des petits marchés ne doit pas spécialement ravir les économistes de la NBA, mais il ravit les amateurs de basket. Avec de la jeunesse, des collectifs huilés et du beau jeu, ces franchises se donnent les moyens de se hisser en haut de la Ligue. Aux antipodes des ‘big markets’, de leur attractivité et leur médiatisation, ces franchises prouvent que ce n’est pas le plus important. Avec une politique sportive réfléchit, un projet construit autour de jeunes, un coach compétente, ces franchises et équipes installent un grand bol d’air frais en NBA.
De jeunes loups affamés
Ces Playoffs mettent également en lumière une flopée de jeunes joueurs, qui risquent d’animer les débats dans les années à venir. De jeunes cracks qui n’ont pas peur d’affronter les meilleures équipes, et les meilleurs joueurs. Le meilleur moyen de s’imposer en NBA est de briller en post-season, et d’envoyer un message au reste de la Ligue. C’est chose faite pour quelques uns.
Malgré l’élimination logique face au Jazz, Ja Morant a signé une fin de saison incroyable. Après son gros match face aux Warriors en Play-In, il a montré l’étendu de son talent dans sa série face à Utah. Memphis peut dormir tranquille, si à l’avenir Morant continue à progresser et à être mieux entouré, il pourrait faire des merveilles. Tout comme lui, Luka Doncic est sorti au premier tour, après un Game 7 perdu à Los Angeles. Le crack slovène a encore une fois ébloui le monde du basket : 35,7 points, 10,3 rebonds, 7,9 passes, 49% au tir et 41% de loin. Voici les moyennes du meneur des Mavs face aux Clippers. Pour sa troisième saison, dans une équipe loin d’être transcendante, Doncic installe déjà sa legacy en NBA.
Du côté d’Atlanta, un petit lutin fait lui aussi trembler la Ligue. Trae Young joue ses premiers matchs de PlayOffs comme si c’était sa quinzième campagne. Débordant de sérénité, de gestion et de talent, il affiche une moyenne de 28,9 points et 10 passes. Il a totalement maîtrisé la série face aux Knicks, et magnifiquement répondu à l’hostilité du MSG. Donovan Mitchell continue lui aussi d’étaler son savoir faire. Déjà auteur d’une fabuleuse série l’année dernière (perdu 4-3 face aux Nuggets), le guard de Utah affiche encore une moyenne de 31,8 points de moyenne. Après avoir roulé sur les Grizzlies, il a continué lors du Game 1 contre les Clippers.
En Arizona, les Suns ne possèdent pas un, mais bien deux jeunes superstars. Deandre Ayton, 1er choix de draft 2018, devant Doncic et Young notamment, a répondu présent pour sa première série de PlayOffs. Face à Anthony Davis, Andre Drummond ou encore Marc Gasol, il a su s’imposer dans la raquette, avec un 15/10 de moyenne. Un pivot fort à en devenir, par sa mobilité et son physique, sublimé cette saison par la présence de Chris Paul. Dans le backourt, Devin Booker est lui dans une autre sphère. Tournant à quasi 30 points de moyenne face aux Lakers, à 49% au tir et 43% de loin. Il a signé une performance à 47 points, et inscrit deux fois 22 points dans le Q1. Devin Booker est sur une autre planète en ce moment, et c’est tout Phoenix qui commence à rêver.
Ces Playoffs 2k21 nous offrent un nouveau panorama de la NBA. Nous sommes peut-être à un tournant pour les années à venir. Avec de nouvelles forces qui (ré)émergent, les derniers tours de post-season pourraient voir durablement de nouvelles affiches. Individuellement, nous sommes face à la nouvelle génération, celle qui dominera la décennie à venir. Et on ne se fait aucuns soucis pour la relève.
