Avec les départs de Sergio Ramos et Lionel Messi, la Liga et ses deux plus gros clubs se retrouvent orphelins de deux icônes. Une ère a pris fin cet été en Espagne. Et cette saison, plus que jamais, les cartes sont redistribuées. L’Atletico a l’occasion de réaliser un doublé historique, tandis que d’autres pourraient créer quelques surprises.
L’Atletico : favorite à sa succession
L’Atletico Madrid fait figure de favori au lancement de cette saison de Liga. Et c’est plutôt rarissime pour le signaler. Champion il y a quelques mois, le groupe de Diego Simeone n’a pas bougé. Et il s’est même renforcé avec l’arrivée de Rodrygo De Paul pour 35 millions d’euros (record en Espagne cet été). Le milieu argentin, fort de sa Copa America au Brésil, arrive tout droit de l’Udinese. On ne doute pas de sa compatibilité avec l’équipe et l’esprit du ‘Cholo’.
L’effectif des colchoneros parait le plus complet et le plus équilibré du championnat. Seul point d’interrogation, le rendement offensif. Luis Suarez (36 ans) et Marcos Llorente, les joueurs les plus prolifiques, ne sont pas à l’abri d’une baisse de forme durant la saison, ce qui compliquerait la tâche du champion d’Espagne. Mais, avec un effectif solide et déjà bien en place, sous la houlette de l’inimitable « El Cholo », ils ont tout pour réaliser un doublé historique. Il faut remonter à 1982-1984 pour voir la Liga échappée aux deux géants espagnols deux saisons de suite. Voilà l’exploit que peut réaliser l’Atletico Madrid cette saison.
Le Real en fin de cycle, le Barça en reconstruction
Les deux géants espagnols apparaissent tous les deux affaiblis cette saison. Et même temps, ce qui est plutôt rare. Les départs de Ramos et Messi laissent un vide immense, et les deux institutions sont face à de gros défis.
Chez la Casa Blanca, après le départ de Zidane, on a rappelé Carlo Ancelotti à la rescousse. Le groupe n’a (encore) pas évolué, et doit accuser le départ de ses deux défenseurs centraux, Ramos et Varane. En perdant sa charnière centrale titulaire, et avec seul David Alaba en renfort (arrivé libre après dix ans au Bayern Munich), l’effectif du Real est plus que jamais en fin de cycle. Les Marcelo, Isco, Bale sont toujours là, tandis que le trio du milieu (Casemiro-Kroos-Modric) peut tenir le coup, mais a déjà montré quelques limites ces dernières années (vs Ajax, City, Chelsea). En attendant toujours la régularité des Asensio, Isco, Vinicius, Bale etc.
Ancelotti pourra compter sur une paire Hazard – Benzema (si le Belge est épargné par les blessures) qui peut faire des étincelles en Liga. C’est ce qu’il s’est d’ailleurs passé ce samedi, avec une belle victoire 4-1 pour débuter à Alaves. L’attaquant français peut lui sérieusement prétendre à son premier titre de Pichichi, Lionel Messi étant parti martyriser les défenses françaises. Le « Mister » devra se contenter de cela. Car le Real attend toujours de réaliser son gros mercato (à l’instar de celui des Galactiques), sûrement en 2022, en attirant Kyllian Mbappe et plusieurs autres stars (Pogba ? Haaland ?).
En Catalogne, 2021-2022 sera le début de l’ère post-Messi. Un peu plus tôt que prévu. Le vide que laisse l’argentin est immense, à la création, à la gestion, à la passe, à la finition, au leadership … Maintenant que Messi n’est plus là, d’autres devront faire le travail.
Koeman a confiance en son groupe. Il pourra s’appuyer principalement sur les jeunes (Araújo, De Jong, Pedri, Ansu Fati). Memphis semble s’être lui bien acclimaté à l’équipe, avec une préparation et un excellent premier match dimanche. Le néerlandais retrouve son ancien sélectionneur aux Pays-Bas, où leur entente était parfaite.
La saison du Barça est entouré de zones d’ombres : la fiabilité de Pique, Alba et Busquets, le cas Lenglet, la régularité de Griezmann, les retours de Fati, Dembele et Aguero. Koeman pourrait aussi s’appuyer sur les pépites de la Masia, dont certaines ont brillé durant la préparation : Gavi, Collado et surtout Yusuf Demir. Koeman a du travail pour reconstruire après le départ de La Pulga. Il faudra faire avec le manque de moyens financiers et un effectif sans grand équilibre. Entre des joueurs très âgés, d’autres en manque de forme, de confiance et/ou de régularité mais aussi avec des jeunes très prometteurs et un Memphis survolté, la saison du Barça ressemblera sans doute aux montagnes russes.
Séville et Villarreal en embuscade ?
La Liga est plus ouverte que jamais cette saison. Pourrait-on assister à une surprise retentissante ? Évidemment, voir un autre club que les trois précédemment nommé semble beaucoup trop improbable. Mais, quid d’un podium d’une équipe comme Séville ou Villarreal ? Ce serait déjà en soit un exploit, quand on sait que le podium est occupé par l’Atlético, le Barça et le Réal depuis 2013. On est bien loin de la situation du début de siècle, qui avait vu La Corogne s’emparer du titre (2000) et Valence en décrocher deux (2002, 2004). Néanmoins, voir une autre équipe sur le podium cette saison est loin d’être impossible.
Dans la continuité des saisons précédentes, le Séville de Julian Lopetegui fera partie des troubles-fêtes en Espagne et en Europe. Eux qui étaient encore dans la course au titre jusque dans les dernières semaines la saison dernière. Une bonne reprise ce week-end avec une victoire 3-0 face au Rayo Vallecano, avec un doublé de la recrue Erik Lamela. Un effectif très complet et compétitif, avec de nombreux titulaires potentiels au milieu (Fernando, Jordan, Suso, Rakitic, Oscar, Papu Gomez …) et en attaque (Ocampos, De Jong, En-Nesyri, Idrissi, Lamela), qui devrait tirer le meilleur de l’ensemble du groupe. Le coup dur pour les Rojiblancos serait le départ de Jules Koundé vers Chelsea, qui pourrait intervenir dans les derniers moments du mercato. Séville n’a pas fini non plus ses arrivées, avec des négociations pour Gonçalo Guedes avec Valence, ou encore Rafa Mir qui devrait arriver du Bétis, ainsi que Thomas Delaney de Dortmund. Encore une fois, à l’instar de l’été dernier, Monchi a réalisé de très nombreux bons coups.
En Castellón, le sous-marin jaune d’Unaï Emery, fort de sa victoire en Ligue Europa face à Manchester United, a tout pour semer le trouble. Son buteur Gérard Moreno, auteur de 23 buts en 32 matchs de championnat la saison dernière, sera associé à Boulaye Dia, en provenance de Reims. Les deux hommes, promis à une très belle association, seront les fers de lance de l’équipe. A l’image de leur échange amenant le but de Moreno lors de la SuperCoupe d’Europe face à Chelsea. L’ailier Arnaut Danjuma est lui sur la venue, auteur de 17 buts et 8 passes décisives à Bournemouth la saison dernière. L’ancien entraîneur du Paris-Saint-Germain a parfaitement transmis ses idées de jeu à sa formation dès la première saison, l’amenant sur le toit de l’Europe. Pour sa deuxième saison, avec un effectif renforcé, le Villareal d’Emery a de grandes choses à prouver, et pourrait se mêler à la lutte pour le Top 4.
La Liga 2021-2022 tient de belles promesses. Évidemment, il ne faut pas enterrer le Réal et le Barça, qui pourrait passer outre leur situation difficile pour décrocher le titre. Néanmoins, c’est l’Atlético qui démarre en position de force. Derrière ces trois là, Séville et Villarreal ont une belle tête d’outsider pour se mêler à la bataille du Top 4 voire du podium. Derrière, on suivra des formations comme le Bétis Seville, Grenade, ou le Celta Vigo, qui devraient être intéressantes
