La semaine européenne ne nous aura pas déçu. Cette deuxième journée de Ligue des Champions nous a fournie quelques enseignements intéressants. Entre grosses affiches, cadors à la peine et stars toujours présentes, ces deux soirées n’ont pas déçu les amateurs de football.

Le match — Paris SG – Manchester City

Le PSG devait se rassurer. Malgré six victoires en autant de matchs en Ligue 1, le jeu affiché et le manque de maîtrise inquiétait les observateurs. Ce mardi, ils n’ont pas livré une prestation parfaite, mais les parisiens sont repartis avec les trois points et quelques débuts de réponses.

La première d’entre elle est la présence indispensable de Marco Verratti. Entre le trio de devant et la défense, le PSG s’est fait malmené depuis un mois, face à Bruges ou Lyon notamment. « Petit hibou » a de suite rappelé qui est le patron. Sorties de balle, aisance dans les petits espaces, conservation, expérience et vices … le milieu italien a montré l’étendue de son talent. Jusqu’à faire tomber Guardiola «amoureux» de lui. A côté de lui, Idrissa Gueya a aussi réalisé un énorme match. Tout d’abord buteur, il a fait mal par ses projections et son aide précieuse en défense sur Riyad Mahrez.

En dernier rempart, Gianluigi Donnarumma a brillé de milles feux. Auteur de sept arrêts, le portier italien a permis à Paris de tenir lorsque les offensives de City se multipliaient. Décisif quand il le faut, rassurant pour sa défense, Gigi a marqué de nombreux points dans sa bataille avec Keylor Navas.

Toute l’attention était évidemment braquée sur le trio de devant. Un trio duquel Kylian Mbappe s’est démarqué, impliqué sur les deux buts parisiens. Il a montré une lucidité et un altruisme parfait dans les dernières mètres, lui qui a été oublié quelques fois par ses partenaires. Neymar a vécu lui une soirée plus compliquée, une énorme présence mais sans réel impact sur le jeu. Lionel Messi lui a été extrêmement discret, jusqu’à cette 74e minute et son éclair de génie. De l’espace, une accélération, un une-deux parfait avec Mbappé, et une caresse magnifique au ballon qui finit dans les filets d’Ederson. Le trio a également montré quelques efforts défensifs, avec des courses vers l’arrière.

Le Paris SG peut être satisfait de sa soirée. Il se replace déjà en tête de son groupe, et a prouvé qu’il pouvait tenir tête à un autre favori de la LDC. Le retour de Marco Verratti est une bouffée d’air frais et devrait régler quelques problèmes.

Côté Manchester City, le problème est toujours le même. Une domination mais une possession assez stérile. Les occasions sont créées, on arrive à aller devant le but avec des circuits de passes rodés, mais dans les derniers mètres, les derniers gestes, c’est brouillon. Évidemment, le débat sur l’absence d’un 9 ne fait que commencer, et va rythmer la saison des citizens. Avec Sterling en faux 9, et un Gabriel Jesus rentré trop tard, il manquait encore un attaquant pour finir les actions.

Panique à Milan

Encore une déception pour le Milan AC. Après une défaite rageante à Liverpool, les milanais se sont inclinés à domicile face à l’Atletico. Ils ont globalement dominé la rencontre, avec une énorme première mi-temps. Malheureusement, Kessié a encaissé deux cartons jaunes et a laissé ses coéquipiers à dix dès la 29e minute. Malgré un un bon visage en deuxième période, ils ont dû craquer à la 84e minute et un surgissement de Griezmann à l’entrée de la surface. Puis au bout du temps additionnel, l’arbitre siffle un penalty plus que litigieux pour les colchoneros. Incompréhension, colère, VAR, et le penalty transformé par Suarez à la 97e. Le Milan peut clairement se sentir biaisé et, malgré deux bonnes performances, pointe à la quatrième place avec 0 point. La qualification se complique déjà.

Son voisin l’Inter n’est guère en meilleure position. Après une défaite dans les derniers instants face au Réal malgré un match dominé, les interistes ont de nouveau été tenus en échec au Shaktar. Encore une fois, les joueurs d’Inzaghi ont livré une prestation aboutie, mais le dernier geste n’était pas au rendez-vous. Au final, c’est qu’un point en deux matchs et une situation plus que compliquée. Ils devront prendre six points sur six face au Sheriff Tiraspol pour se replacer. A défaut, ce sera une nouvelle déception pour l’Inter en Europe, après une troisième place il y a deux ans et une élimination totale la saison dernière.

Les géants espagnols à la ramasse

Semaine difficile pour les deux cadors ibériques. Pas les mêmes problèmes, mais deux belles humiliations. Le Réal recevait lui le Sheriff Tiraspol. Pour la première participation d’un club Moldave en Champions League, les joueurs du Sheriff se sont offerts le scalp des treize fois champions d’Europe, et au Bernabeu s’il-vous-plaît. Malgré une domination outrageuse, avec 31 tirs et 75,7% de possession, les merengues n’ont pas réussi à faire plier les visiteurs. Puis, par une frappe lourde magnifique de Sebastien Thill, qui ait venu se loger dans la lucarne de Thibaut Courtois, le Sheriff Tiraspol est venu crucifier le grand Réal à domicile. Difficile de trouver une défaite aussi marquante, aussi symbolique, aussi humiliante pour la Casa Blanca en LdC. Un beau pied de nez à Florentino Perez et sa SuperLeague.

Le FC Barcelone se déplaçait lui au Benfica Lisbonne. Et a continué sa descente aux enfers. Comme au premier match, ils se sont inclinés 3-0 et ont affiché une fragilité déconcertante. Pas de positif à retenir, une nouvelle débâcle qui pourrait coûter cher à Koeman. L’équipe semble perdue, dépassée, incapable de maîtriser une partition. Des cadors encore à la peine : Pique sorti à le demi-heure de jeu car hors-sujet, et un Busquets handicapant au milieu. Le Barça compte zéro point et un goal-average de -6, la qualification en huitième se complique dangereusement. L’erreur ne sera pas permise lors de la double confrontation face au Dynamo Kiev.

Le gros coup de la Juve, Ronaldo et deux cadors sans pitié

Mercredi soir, une belle affiche opposait la Juventus Turin à Chelsea. Face aux Champions d’Europe, on ne donnait pas chère de la peau des juventinis, handicapés par les absences de Dybala et Morata. Finalement, durant 90min, on a pu retrouver la vraie Juve et son ADN. La tactique de Max Allegri a parfaitement fonctionné, et ses hommes ont réussi à arracher ce 1-0 si précieux. Un match dominé par les Blues et leur 73% de possession, mais bien trop stérile, et qui n’a cessé de buter sur le bloc italien. Avec seize tirs mais seulement un cadré, les hommes de Thomas Tuchel n’ont jamais réussi à inquiéter réellement leur adversaire, beaucoup mieux en place. Oui, car la Juve a récité une partition qu’elle connaît bien, celle où elle subit et ne rompt pas, où tout le monde fait les efforts. C’est sur un manque de concentration adverse, au bout de treize secondes en deuxième mi-temps, que Federico Chiesa (encore une fois extraordinaire) est venu tromper Édouard Mendy d’une frappe puissante. Une victoire marquée par la patte Allegri, qui sera essentielle dans la suite de la saison de la Juve.

A Old Trafford, la tension était à son paroxysme. Manchester se devait de réagir après leur défaite en Suisse. Ils recevaient pour ça ceux contre qui ils se sont inclinés en finale de Ligue Europa il y a quelques mois, le Villareal d’Unaï Emery. La formation espagnole a dominée les débats une bonne heure de jeu. C’est à la 60e minute que Paco Alcacer conclut une magnifique action. Baladés, les mancuniens étaient dans le dur, et il a fallu une très belle inspiration d’Alex Telles pour revenir. Miraculés après une double occasion de Boulaye Dia dans les derniers instants, les Reds Devils s’en sont remis à l’éternel Cristiano Ronaldo. Sur un ballon arraché par Edinson Cavani, CR7 s’en alla inscrire le but du 2-1 à la 95e minute. Old Trafford explose, l’idole célébre et la dramaturgie de ces retrouvailles continue. Une soirée magique qui replace Manchester dans le groupe F.

Les cartons de la semaine sont signés Liverpool et Bayern Munich. Les Reds se déplaçaient à Porto dans un match piège. Les hommes de Klopp ont tout compte fait déroulé leur jeu. Résultat 5-1, avec un but de Mané et un doublé pour Salah et Firmino. Un trio qui brille et le début de saison des Reds continue d’être incroyable. De son côté, le Bayern a continué son mode rouleau compresseur. Ils n’ont laissé aucune chance au Dynamo Kiev qui est reparti avec un 5-0 dans la valise. Un doublé de l’inévitable Lewandowski et des réalisations de Gnabry, Sané et Choupo-Moting permettent à Munich d’être logiquement seul en tête de son groupe.