Avec l’arrivée de Thomas Tuchel en janvier et une fin de saison complètement folle, les Blues sont attendus au tournant et doivent confirmer leur nouveau statut. Avec un début de saison très relevé, Chelsea peut tirer un premier bilan à l’heure de cette trêve internationale.

Calendrier bien chargé, bilan positif

On s’était quitté mi-août sur la preview de la saison des londoniens. On s’était donné rendez-vous début octobre après le début de saison dantesque qu’attendait les Blues. Un mois et demi plus tard, on peut dire qu’ils ont bien réussi leur pari. Au moment de cette trêve internationale, Chelsea est leader de Premier League et deuxième de son groupe en Ligue des Champions après deux journées.

Avec un calendrier aussi relevé, Tuchel peut être satisfait des deux premiers mois de compétition. Depuis le début de saison, ses hommes ont déjà affrontés Arsenal, Liverpool, Tottenham et Manchester City. Les deux clubs londoniens n’ont pas existé face aux champions d’Europe, balayés respectivement 2-0 et 3-0. À Anfield, réduits à dix à la 45e minute, ils ont su arrachés un match nul (1-1) précieux et retentissant. La seule tâche à cette entame d’exercice se trouve sur la dernière semaine. Deux défaites, l’une face au City de Guardiola puis une en Europe face à la Juventus, toutes deux sur la plus petite des mesures. Mais les Blues se sont vite remis la tête à l’endroit avec une victoire 3-1 contre Southampton. La trêve internationale a pu être abordée sereinement, avec une place de leader (16pts) devant Liverpool (15) et les deux Manchester (14).

Continuité trouvée, Lukaku à intégrer

Les Champions d’Europe ont su trouver une identité de jeu en seulement quelques mois sous la houlette de Thomas Tuchel. Le tacticien a un effectif rallongé et par définition de nombreuses possibilités. En ce de début de saison, selon les disponibilités, Tuchel alterne entre son 3-5-2 et un 3-4-3. Sensiblement pareil tactiquement, c’est surtout l’absence de Kanté qui oblige le coach allemand a alterné entre milieu à trois ou à deux (avec Kovacic et Jorginho). Devant, autour de Lukaku, l’animation peut varier. Entre une attaque à deux avec Werner, ou à trois avec les soutiens de Havertz, Mount ou Ziyech.

Les préceptes qui ont fait de Chelsea la meilleure équipe en 2021 jusque-là sont toujours présents. Et c’est d’abord par une solidité défensive que les champions d’Europe s’expriment. Avec seulement trois buts encaissés en sept rencontres de Premier League. Une charnière de trois généralement commandée par Thiago Silva, accompagné de Christensen et un Rüdiger impérial, avec Azpilicueta qui peut dépanner ou le jeune Chabolah plutôt convaincant lorsqu’il joue. Sur les côtés, des pistons qui ne cessent les aller-retours, Azpilicueta ou Reece James à droite, Alonso ou Chilwell à gauche.

Malgré une continuité trouvée et assumée, la présence de Lukaku en pointe change la donne. On passe d’une attaque composée de Werner et un faux n°9 à un neuf moderne, qui peut jouer en profondeur, en pivot, dans les petits espaces … Le profil du belge est nouveau dans l’équipe et impose donc quelques adaptations. On a pu le voir contre City ou la Juve par exemple, où ‘Big Rom’ a été difficile à trouver et muselé par les défenses adverses.

Est-ce que Chelsea préchauffe ?

Avec un début de saison tout à fait respectable, voire excellent au vu du calendrier proposé, on ne doute plus de la capacité des Blues à continuer sur leur rythme de fin de saison dernière. Néanmoins, les claques tactiques reçus par Guardiola et Allegri n’ont pas dû plaire à Thomas Tuchel. Ce Chelsea est fort, sûre de lui, mais n’est pas encore au top de sa forme. Le tacticien allemand n’a pas encore pu aligner son XI type deux fois d’affilée cette saison. Il a dû faire avec les bobos de Kanté, son homme à tout faire, si précieux dans son entre-jeu.

Mais également avec ceux de Mason Mount. Le gamin du club, 22 ans, sera une des pièces maîtresses de l’allemand cette saison. On a pu le voir contre Southampton lors de son retour. Son entrée en jeu a fondamentalement changée la physionomie du match. Il a cette capacité à faire la différence et a accéléré le jeu à chaque prise de balle. C’est exactement ce qu’a besoin Tuchel dans sa tactique millimétrée. De l’incertitude, de la folie, du dépassement de fonction.

Entre l’intégration de Lukaku qui n’est pas finalisée et les absences à répétition de joueurs clés, Chelsea est encore en train de peaufiner son schéma. La marge de progression de cette équipe existe, physiquement mais aussi sur le plan offensif. Et se dire que cette équipe a de la marge fait peur. Elle a toutes les armes pour embêter n’importe quel adversaire. Favori en championnat comme en Europe, cette équipe ne va cesser de monter en puissance. Pour notre plus grand plaisir.

Le début de saison compliqué s’est avéré être une confirmation supplémentaire de la force de cet effectif. Jusqu’à la prochaine trêve, le calendrier est plutôt tranquille et devrait permettre à Tuchel de parfaire son œuvre. La recette est quasiment la même, les ingrédients aussi, alors laissons le tout mijoter …