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Chelsea a bien confirmé son bon début de saison et monte tout doucement en régime. Enchaînant les victoires et les prestations abouties, l’équipe de Thomas Tuchel s’est mise en route et déroule. Parfaitement placés pour aborder cette fin d’année chargée, les Blues sont sans aucun doute une des équipes les plus dangereuses d’Europe.

Un mois d’octobre parfait

Depuis le double revers contre Manchester City puis la Juventus fin septembre, les londoniens sont sur huit matchs sans défaites, enchaînant sept victoires avant d’être tenu en échec par Burnley avant la trêve. Pour 21 buts marqués et 4 buts encaissés. La formation de Thomas Tuchel a bien mis un coup d’accélérateur. Et il le fallait pour suivre le rythme des autres cadors anglais. Chelsea est toujours actuellement leader de Premier League, avec trois points d’avance sur City et quatre sur Liverpool.

On s’était dit début octobre que ce calendrier entre ces deux trêves internationales d’à peine un mois était parfait pour monter en régime. Alternant le moins bien et l’excellent, les Blues ont trouvé leur rythme de croisière. Capables de gros cartons offensifs, comme contre Malmö (4-0) ou Norwich (7-0), leur manque d’efficacité leur joue parfois défaut à l’image du nul concédé contre Burnley malgré une domination outrageuse (25 tirs à 5). Derrière, le vaisseau est bien gardé. Meilleure défense du championnat avec seulement quatre buts encaissés, les hommes de Tuchel ont gardé leur solidité défensive qui les caractérisent depuis l’arrivée de l’allemand. Tous les voyants sont au vert, malgré des blessures qui viennent titiller le groupe londonien. Mais ce n’est pas un problème. Tout l’effectif est impliqué par le coach, et tout le monde répond présent sur le terrain.

Un effectif XXL

On le savait, et on l’avait déjà précisé en début de saison, Thomas Tuchel possède un effectif plutôt bien remplit. Malgré les différentes blessures qui sont venus changer ses plans (Silva, Kanté, Lukaku, Werner …), le tacticien allemand a beaucoup de possibilités, et peut compter sur l’implication de tous ses joueurs. Sur ces sept matchs séparant les deux trêves internationales, l’allemand a pu utiliser neuf défenseurs , six milieux et sept attaquants différents.

Lorsque les patrons de derrière doivent se reposer, il peut s’appuyer sur des jeunes comme Chabolah et Malang Sarr au centre, et peut alterner entre deux paires de pistons de chaque côté (Alonso et Chilwell à gauche, Azpilicueta et Reece James à droite). Lors de la réception de Malmö, Romelu Lukaku et Timo Werner se sont blessés en première mi-temps et ont loupé les cinq derniers matchs de leur équipe. Cela a obligé Tuchel a modifié sa tactique, lui qui s’appuyait sur les deux hommes au bout de son 3-5-2. Depuis, il aligne une attaque à trois avec Havertz en faux n°9. Autour, il teste des choses avec Hudson-Odoi, Barkley, Ziyech, Mount …

Chelsea arrive parfaitement à créer le déséquilibre, et très vite. Avec une ligne de trois centraux qui joue haut, un duo de milieux avec des qualités de récupérations et de projections, des pistons en surrégime sur les côtés, puis une grande forme de liberté dans les mouvements des attaquants. Les offensifs cités juste avant multiplient leurs zones d’influence, permutent, combinent. La tactique de Tuchel respectée mêlée à l’intelligence et la technique de ses hommes est une arme destructrice. Comme on a pu l’apercevoir dès les premiers mois de 2021, Chelsea est une énigme tactique pour tout adversaire.

3-5-2 ou 3-4-3 … l’animation est la clé

Au delà des schémas tactiques, c’est l’animation qui fait tout. Le Chelsea de Tuchel est discipliné et bordélique. L’avantage d’un schéma comme celui-ci lorsque que l’on a les joueurs pour. L’allemand possède des pistons infatigables et décisifs des deux côtés du terrain : Reece James en est à 4 buts et 3 passes décisives cette saison, Chilwell à 3 buts. Un des points fondamental de la réussite de l’équipe.

En attaque, on a l’impression que Tuchel peut faire jouer qui il veut que ça fonctionnera. L’allemand a relancé des joueurs comme Loftus-Cheek, Hudson-Odoi, Ross Barkley, qui ont tous été performants lors de leurs apparitions. Les rotations ne changent pas drastiquement le niveau de jeu affiché. Cela permet à Tuchel d’essayer des choses, de faire tourner plus souvent et de garder un groupe sain.

Tuchel laisse une assez grande liberté àà ses joueurs. Avec Havertz en faux numéro 9, accompagné de joueurs qui sont mi-milieux mi-ailiers, l’incertitude est vite créée chez l’adversaire. Les joueurs peuvent permuter, en se désaxant ou en étant plus au cœur du jeu, formant différents schémas de passes avec les milieux plus bas et les pistons, qui bénéficient donc de décalages, d’espaces libres. Le collectif des Blues est une douce symphonie parfaitement récitée. Et changer tel ou tel musicien ne change pas la qualité du morceau.

Une fin d’année très chargée

Sans trêve internationale jusqu’en mars, Chelsea va enchaîner les matchs ces prochaines semaines. Jusqu’à la trêve de début janvier, les champions d’Europe vont jouer treize matchs en quarante-quatre jours, soit un matchs tous les 3,4 jours. Un rythme effréné, surtout vu le menu qui les attendent. Sur la période, les Blues affronteront Leicester, la Juventus, Manchester United, West Ham et Liverpool. Ils retrouveront les «Foxes» dès ce week-end avec un déplacement compliqué en retour de trêve.

Ils finiront ce périple en accueillant Liverpool à la fin du Boxing Day, le 1er janvier. Ensuite, deux semaines de repos avec la trêve hivernale, pour reprendre avec des confrontations contre Manchester City et Tottenham. On a hâte de voir où en sera les londoniens fin janvier, à l’aube de la phase finale de la Ligue des Champions.

Les Blues de Thomas Tuchel ont passé la deuxième et sont définitivement lancés dans leur saison. Invaincu depuis huit matchs, enchaînant les bonnes prestations, Chelsea fait peur à l’Angleterre et l’Europe. Désormais favori pour le titre national et continental, il faudra survivre au dur hiver anglais. Cela commence par un mois de décembre capital, où grosses confrontations et Boxing Day peuvent vite changer la donne. Rendez-vous donc mi-janvier pour un nouveau point sur la saison des champions d’Europe.