
Leader de Premier League fin octobre, les Blues de Thomas Tuchel ont enchaîné les contre-performances et accusent un léger retard sur Liverpool et ManCity. Un coup d’arrêt qui pourrait être fatal dans la course au titre ?
Un mois de décembre glacial
Pourtant sur une très bonne dynamique en octobre et novembre, les Blues ont commencé à marquer le pas depuis un mois. Sur les sept derniers matchs de championnat, les londoniens affichent seulement trois victoires, trois nuls et une défaite. Soit 12 points pris sur 21 possibles. Loin des attentes affichées et surtout du rythme nécessaire pour la course au titre en Angleterre, quand Manchester City est sur une série de neuf victoires consécutives. Après la 12e journée et la victoire 3-0 à Leicester, Chelsea avait trois points d’avance sur City et quatre sur les Reds. Aujourd’hui, après la 19e journée, ils sont à égalité avec Liverpool (qui possède un match en retard) et à six points de Manchester City.
De plus, les Blues ont concédé le match nul au Zénith en Ligue des Champions, et a donc vu la Juventus repasser premier du groupe. Une deuxième place qui ne devrait pas avoir de conséquences puisque Chelsea affrontera Lille en huitièmes de finale avec la grosse étiquette de favori. Mais la suite du Boxing Day avec un duel en point d’orgue face à Liverpool dimanche aura peut-être raison des ambitions de titre de Chelsea.
Un effectif sans cesse amputé
La thématique est toujours la même au fil des semaines. L’effectif de Thomas Tuchel est continuellement diminué pour causes de multiples blessures ou de protocoles anti-covid. Le duo Matteo Kovacic / N’Golo Kanté, crucial dans l’entrejeu du tacticien allemand, a terriblement manqué. Le premier a fait son retour contre Wolverhampton le 19 décembre après onze matchs d’absences, tandis que le français est sorti blesser face à la Juventus fin novembre et a loupé six matchs. Durant ce temps, l’entrejeu londonien n’a enchaîné seulement deux matchs avec les mêmes milieux titulaires, avant de retrouver son milieu Jorginho/Kanté ce week-end face à Aston Villa.
Autre absence de poids, elle aussi depuis le match contre la Juventus, celle de Ben Chilwell. Le piston gauche titulaire de Tuchel, si important et décisif cette saison (3 buts, 1 pd), manque beaucoup dans l’animation de ce couloir gauche. Puis, entre petits bobos et cas de covid, Tuchel a dû faire face à une hécatombe d’absents à chaque match. Ainsi, Lukaku, Werner, Hudson-Odoi, Havertz, Loftus-Cheek, Christensen, Chabolah ont tous loupé des matchs ces dernières semaines. Quand on sait à quel point la saison se durcît en hiver outre-Manche, Chelsea n’avait pas besoin de toutes ces absences …
Une animation offensive en berne
Alors deuxième attaque du championnat lors de notre dernier point, Chelsea a vu sa puissance offensive faiblir. Lors de ses sept derniers matchs de championnat, cinq de ses douze buts inscrits ont été des penaltys de Jorginho. Les absences répétées de Lukaku et Werner ont été plus que préjudiciable. En témoigne leur seule association ces dernières semaines face au Zenith, avec un but du belge et un doublé de l’allemand. L’absence d’un vrai neuf avait su être géré en début de saison, mais cela est devenu plus difficile au cours des semaines, l’approche des Blues devenant un peu trop prévisible. Seul Mason Mount a réussi à sauver le navire et maintenir le rythme, avec quatre buts lors des six matchs de Premier League de décembre.
On l’a de nouveau vu avec l’entrée de Lukaku face à Aston Villa, l’impact d’un vrai numéro neuf, capable de prendre le ballon et faire reculer à lui seul une défense, est irremplaçable. Trop de matchs Tuchel a dû aligner des joueurs qui sont bons techniquement, mais pour qui il est difficile de faire les différences et de finir l’action. Ces joueurs de ballon doivent être accompagnés d’un buteur, sans quoi ces Blues devront s’en remettre aux exploits de Mount ou aux penaltys de Jorginho, loin d’être suffisant. L’animation et la folie offensive qu’incarnait les Blues s’est transformée en jeu amorphe et en prestations très poussives. Le retour des absents devra changer les choses, sans quoi Tuchel devra revoir ses plans.
Une course au titre déjà perdue ?
Évidemment que se poser la question maintenant peut paraître trop alarmiste, mais Chelsea court désormais après le Manchester City de Guardiola et le Liverpool de Jurgen Klopp. Des équipes capables d’atteindre les 99 points, qui témoignent d’une régularité ahurissante week-end après week-end, et qui possèdent également de plus fortes individualités. La course au titre en Angleterre est spéciale, elle est sans merci et une période compliquée comme celle que vit Chelsea peut suffire à vous faire perdre le fil.
Alors non les Blues ne sont pas encore hors course, mais ils pourraient l’être très bientôt. La mauvaise idée des londoniens est d’avoir eu un creux dans une série d’adversaires abordables. Car le programme sera bien moins clément ces prochaines semaines : Liverpool le 2 janvier en fin de Boxing Day, des matchs de coupe avec l’entrée en Cup et la demi-finale aller-retour face à Tottenham, avant le retour du championnat avec Manchester City le 15 et Tottenham le 23 janvier. (A noter le déroulement de la CAN en janvier, qui verra Édouard Mendy s’absenter). Aborder ce début d’année avec la même sérénité qui les habitait fin novembre aurait été largement plus confortable. Maintenant, les Blues doivent regarder non plus derrière mais devant eux. Et autant dire que deux contre-performances face à leurs deux concurrents directs seraient quasi éliminatoire dans cette course infernale.
La magie de Chelsea s’est légèrement estompée ces dernières semaines. Un premier moment compliqué à gérer pour Tuchel dans le championnat le plus exigeant. Pas encore de panique générale, mais les choses pourraient sérieusement se compliquer avec trois semaines décisives qui se profile.
