Crédits : REUTERS/ Piroschka Van De Wouw

Par une petite liste non exhaustive, revenons sur quelques équipes et quelques joueurs qui ont marqué ce début de saison de football européen.

Le Napoli : équipe la plus excitante ?

Le Napoli de Luciano Spaletti est leader de Serie A après huit journées, et d’une très belle manière. Malgré de nombreux départs cette année, et pas des moindres : Mertens, Insigne, Koulybaly, Ospina ou encore Fabian Ruiz, le groupe n’a pas l’air d’être chamboulé et les napolitains ont remporté neuf de leurs onze matchs toutes compétitions confondues, et sont toujours invaincus. Les hommes de Spaletti ont parfaitement géré leurs grosses échéances, en battant la Lazio et le Milan, et en marchant sur Liverpool et l’Ajax en Ligue des Champions, où ils sont premiers de leur groupe. Les départs, les échéances tous les trois jours, et même la blessure de Victor Osimhen (parfaitement bien remplacé par Raspadori) n’aura eu raison de la dynamique positive qui règne à Naples.

Les Azzurri semblent remplis de sérénité, caractérisé par une charnière Rrhamani et (surtout) Kim, très solide depuis deux mois. Au milieu, le trio Lobotka-Zielinski-Zambo Anguissa semble se connaître par cœur et passe à la machine à laver tout autre milieu adverse, avec des capacités de projection impressionnantes. Anguissa qui lui continue à prendre une toute autre ampleur en enchaînant les très bonnes performances. La participation des latéraux, Mario Rui et Di Lorenzo, sont toujours aussi importants, créant le surnombre et des possibilités multiples pour Spaletti. Devant, les ailiers (Politano, Kvaratskhelia, Elmas, Lozano …) se régalent sur les côtés, avec énormément d’espaces à exploiter, notamment dû aux projections rapides et directes vers l’avant que souhaite le tacticien italien. Au final, cela donne une Napoli très sérieuse et excitante à regarder jouer. La question est maintenant de savoir jusqu’à quand cela durera. 

A surveiller dans les semaines à venir …

Les Azzurri disputeront encore dix matchs avant la trêve pour la Coupe du Monde. Durant celle-ci, ils tenteront de garder leur première place en Europe, avec un retour à Anfield où les Reds auront à cœur de se racheter. En championnat, deux grosses échéances seront à cocher sur le calendrier, avec des déplacements à la Roma (23/10) et à l’Atalanta (05/11). Au vu de la forme des Napolitains, il est sensé de penser qu’ils seront toujours, au moins, aux deux premières places de la Serie A une fois la trêve arrivée. Mais la saison est longue, et le Napoli nous a déjà habitué à des départs canons. Reste à savoir si les hommes de Spaletti tiendront sur la longueur, pour aller chercher un premier titre de champions d’Italie depuis 1990. La place est là, dans une Serie A très homogène et sans vrai patron. Il faudra faire avec les équipes de Rome et de Milan, mais ce Napoli a toutes ses chances de soulever le scudetto. 

Arsenal : départ canon pour les Gunners

Le travail d’Arteta a l’air d’enfin payer. Après des saison galères et de doutes, marquées par des résultants plus qu’irréguliers, les Gunners semblent avoir trouver un équilibre et une confiance durable. Dans une atmosphère saine, les londoniens réalisent un superbe début de saison et sont leader de Premier League devant Manchester City. Tous les ingrédients sont là. La défense, qui a souvent fait défaut à Arsenal, est désormais sérieuse et appliquée. Composée de Ben White, Saliba, Gabriel et Zinchenko, les supporters peuvent désormais souffler sur les phases défensives. William Saliba qui réalise un début de saison flamboyant sur un plan personnel, se transformant même en buteur, a tout de suite conquis les fans. Au milieu, la paire Xhaka-Partey donne enfin satisfaction et enchaîne les performances XXL. Les jeunes prometteurs sont enfin réguliers, et la ligne offensive Saka-Odegaard-Martinelli est un véritable poison pour les défenses adverses. Dans les couloirs, les petites espaces ou en percussion, les offensifs d’Arsenal sont sans cesse dangereux.

Et que dire de Gabriel Jesus, premier artificier de cette équipe des Gunners, qui étale tout son talent sur ces premiers matchs. Le 9 moderne par excellence, il sait à peu près tout faire. Très bon à la finition, en renard des surfaces, il a cette énorme capacité à décrocher et venir chercher les ballons plus bas. Bon dos au jeu, il offre une possibilité de relai ou de pivot à ses partenaires, mais est aussi capable de se retourner, dribbler et percuter pour aller s’offrir soit même son occasion. Le brésilien s’éclate pleinement dans cette attaque dont il est le leader, et ce problème de numéro 9 qu’avait Arteta est bien loin. Très plaisant à regarder jouer, Arsenal développe enfin le jeu qu’essaie de mettre en place le disciple de Guardiola depuis quelques saisons. Cela commence à prendre forme, et les Gunners peuvent désormais de nouveau regarder vers le haut. 

A surveiller dans les semaines à venir …

Arsenal a fait taire quelques doutes ce week-end en dominant aisément Tottenham à domicile (3-1). Car c’est encore et toujours les mêmes questions avec les Gunners, les performances face aux « gros ». Le seul revers de ce début de saison a eu lieu à Old Trafford, après une démonstration des mancuniens. Les hommes d’Arteta affronteront notamment Liverpool et Chelsea avant la CdM, deux rendez-vous importants pour affirmer leur possible nouveau statut dans le championnat. Il faudra également observer si les irrégularités fréquentes des dernières saisons ne s’inviteront pas dans cette campagne automnale souvent compliqué Outre-Manche. Quoiqu’il en soit, Arsenal réalise un début de saison quasi parfait et semble armés pour jouer le Top 4 en fin de saison. Est-ce suffisant pour se battre pour le titre ? Nous le saurons bien assez tôt.  

Le retour du duel espagnol

Alors que les saisons précédentes étaient toujours plus compliquées pour l’un ou pour l’autre, cette saison semble marquer le retour d’un vrai duel pour la Liga. Après sept matchs, Barcelone et le Real Madrid comptent chacun 19 points, auteurs de six victoires et un nul. Le Barça lui a reconstruit une attaque de feu, alignant Dembélé-Lewandowski et Raphinha, avec Ansu Fati sur le banc. Mais c’est par sa solidité défensive que le Barça ‘surprend’. Véritable bémol ces derniers mois, le quatuor composé de Baldé, Éric Garcia, Araujo et Koundé a tout de suite fait ses preuves. Encaissant un seul but en huit matchs de championnat, le Barça peut de nouveau se montrer serein à l’arrière. Chose impossible sans un Marc-André Ter Stegen de retour à son meilleur niveau.

Le Real lui a réalisé un sans-faute toutes compétitions confondues avant son nul concédé ce week-end face à Osasuna. Dans la continuité des années, malgré un départ de Casemiro, les merengues ne semblent jamais rassasier. Avec un Karim Benzema blessé quelques semaines, les champions d’Europe ont continué de dérouler, emmené par un duo Vinicus-Rodrygo en feu, un Valverde toujours aussi précieux, un Modric qui ne vieillit donc jamais, et qui est désormais accompagner d’Aurélien Tchouaméni qui réalise une adaptation XXL. Tout semble donc aller vers un mano à mano jusqu’en mai prochain pour savoir qui soulèvera le trophée de champions. Premiers éléments de réponse lors de l’affrontement direct, l’historique Clasico, le samedi 16 octobre prochain au Bernabeu. 

Lens et Lorient : sensations dans l’hexagone

On commence à s’y habituer avec le Racing Club de Lens, auteur d’un début de saison encore flamboyant. Les nordistes sont quatrièmes à deux petits points de l’OM (2e). Avec un marché des transferts très agité, les lensois ont gardé une ossature solide et un jeu toujours aussi alléchant. Jimmy cabot est venu remplacer Jonathan Clauss sur le couloir droit, la charnière elle n’a pas changé, et Brice Samba donne plus que satisfaction dans les cages. Seko Fofana, qui a prolongé son contrat au milieu de Bollaert, continue à surnager dans les milieux de Ligue 1. Devant, l’impression donnée est que chaque joueur aligné est dangereux et capable de marquer : Da Costa, Saïd, Sotoca, Openda … Comme l’a dit Franck Haise, les sangs et or « surperforment depuis 30 mois ». Une durée très longue, qui nous permet de nous demander si ce n’est pas simplement le réel niveau de ce groupe désormais. L’enjeu est là. Est-ce que Lens est capable de tenir un rythme comme celui-ci sur toute la saison ? L’objectif est de ramener l’Europe à Bollaert, et ils en sont tout à fait capable. 

Moins attendu mais non moins excitant, le Lorient de Régis Le Bris est actuellement sur le podium de notre championnat. Concédant un seul revers contre Lens justement, les lorientais ont déjà battu de gros prétendants à l’Europe, en la personne de Rennes, Lyon et Lille ce week-end. Le jeu mis en place est très porté sur l’offensif (19 buts marqués, deuxième meilleure attaque derrière le PSG), ce qui fait qu’on s’ennuie rarement cette saison devant Lorient. Mais des deux côtés malheureusement pour les bretons, avec déjà 13 buts encaissés. Le trio Enzo Le Fée, Ouattara et Moffi est déjà lui auteur de douze buts en neuf matchs. Alors qu’on pouvait penser qu’il marquerait le pas après la trêve international, les merluts sont venus à bout du Losc ce dimanche en étant en infériorité numérique. Une belle histoire s’écrit, mais on attend naturellement le moment où ils rentreront dans la marche. Aux hommes de Le Bris de nous faire mentir et pourquoi pas se mêler à la lutte pour les places européennes en fin de saison. 

« Kvara », le nouveau joyau à polir

Il est pour beaucoup dans le très bon début de saison éclatante du Napoli. Khvicha Kvaratskhelia, jeune géorgien de 21 ans arrivé du Rubin Kazan cet été, explose toutes les attentes. En véritable feu follet, il a martyrisé tous ses adversaires sur son côté gauche, y compris en Europe, Liverpool et l’Ajax s’en rappellent. Auteur de six buts et de deux passes décisives en neuf matchs, il est un véritable facteur X pour son équipe. « Kvara » rentre déjà dans cette gamme de joueur qui nous fait lever du canapé. Chaussettes basses laissant dépasser les tibias, ses dribbles et sa conduite de balle sont dignes des plus grands ailiers. Il a l’air aussi à l’aise du droit que du gauche, et nous a déjà délivré quelques bijoux. C’est sans aucun doute un des joueurs sensations de ce début de saison, et il sera à suivre de près dans les semaines à venir.

Erling Haaland : mode cyborg par défaut

Crédits : AFP / Lindsey Parnaby

Les superlatifs manquent pour décrire les performances d’Erling Haaland. Son transfert à Manchester City a fait exploser la planète football cet été. Tout de suite, on s’attendait à un temps d’adaptation au championnat anglais, et au sein de l’équipe même de City avec le football que Guardiola met en place. Mais le géant norvégien n’a pas le temps de s’adapter. Il en est déjà à 19 buts en onze matchs, dont 14 buts en huit matchs de Premier League ! Les chiffres sont monstrueux, tout comme son emprise sur les défenses adverses. Rien ne semble pouvoir l’arrêter, lui qui est désormais servi par Kevin De Bruyne, Phil Foden ou autre Bernardo Silva. Cette adaptation immédiate fait de Manchester City un rouleau compresseur, à l’image de leur démonstration face au voisin de United (6-3). Cette équipe a de quoi faire peur à tout le royaume et à toute l’Europe. Pour Haaland, après seulement huit matchs de championnat, on commence déjà à parler du record de buts de Mohamed Salah en Premier League, 32. Lui qui voulait marcher dans les pas de son père chez les skyblues, c’est plus que réussi.

Messi et Neymar font le show

La vie est plus facile lorsque les deux meilleurs playmakers de la planète football jouent à leur niveau. Le début de saison de Lionel Messi et Neymar crève l’écran. Le duo a retrouvé une partie de sa complicité catalane, et cela se voit. Tout d’abord sur les chiffres, en dix matchs cette saison, la Pulga en est à six buts et sept passes décisives, tandis que son compère en est à huit buts pour autant de passes. Des stats monstrueuses évidemment, mais c’est surtout l’impact qu’ils ont sur le terrain et le jeu du Paris-saint-Germain qui fascine. Chaque action passe par leurs pieds, chaque basculement, chaque décalage. Leur patte sur le jeu parisien est indéniable, leur capacité à éliminer, à changer de rythme, à distribuer et à échanger dans les plus petits espaces saute aux yeux à chaque match. Neymar est lui enfin redevenu décisif devant le but, après des mois de problème de réalisme. Messi lui est redevenu Messi, tout simplement. Leurs performances n’occultent pas les problèmes qu’ils restent à régler à Paris pour aller au bout de toutes les compétitions, à l’image de leur match nul au Benfica. Mais si le duo sudaméricain continue sur ce rythme jusqu’en mai, le club de la capitale pourrait devenir un gros caillou dans la chaussure des autres cadors européens.