
La NBA est de retour depuis la semaine dernière ! Après une saison 2021/2022 qui a vu sacrer les Golden State Warriors de Stephen Curry, ce nouvel exercice s’annonce énormément disputé. Entre équipes revanchardes, sûres de leurs forces et celles qui ont des choses à prouver, petit tour d’horizon sur les franchises de la conférence Ouest qu’on pourrait voir jouer en avril prochain.
Les favoris : un trio qui se détache ?
Warriors, back-to-back possible ?
Les Golden State ont élargi leur palmarès et leur dynastie en juin dernier. Un quatrième titre en huit ans et (enfin) un MVP des Finales pour Steph Curry. La saison parfaite, avec un retour en grâce de Klay au mois de février. L’inter-saison à elle été très agitée dans le bureau de Bob Myers. Sur le départ, un paquet de role players essentiels dans la campagne de Playoffs : Gary Payton II, Otto Porter Jr., Juan Toscano-Anderson ainsi que Bjlica, Chiozza et Damion Lee. Des role players plutôt bien remplacés avec quelques arrivées intéressantes : Donte DiVincenzo, JaMychal Green, Patrick Baldwin Jr., Ryan Rollins et Gui Santos.
En sortie d’été, l’altercation entre Draymond Green et Jordan Poole à l’entraînement a jeté un vent de doutes autour de ce groupe. Selon certains joueurs, la confiance aurait été rompu avec Draymond, qui n’a toujours pas reçu d’offre de prolongation. Malgré tout, ce groupe est un symbole de continuité avec un cinq majeur (Curry, Thompson, Wiggins, Green, Looney) et un sixth man (Poole) inchangé, d’une solidité et d’une expérience sans pareil dans la Ligue. A ce marché de l’été évoqué, on peut rajouter le retour en forme de James Wiseman, le numéro 1 de la draft 2020. La route est sinueuse et compliqué pour aller chercher un back-to-back, mais cette équipe a les capacités et l’envie pour y arriver. Il faudra faire avec l’adaptation de nouveaux joueurs, ce qui ne devrait pas effrayer Steve Kerr. Avec une base stable et une floppée de jeunes autour : DiVincenzo, Moody, Kuminga, Wiseman ; les Warriors semblent prêts. Le plus important sera d’arrivée en Playoffs sans bobos et à 100%. Le chemin des Finales, ils le connaissent par cœur, et les autres franchises devront encore une fois compter sur Curry et son armée, jamais rassasiés.
Les Suns surmonteront-ils les conflits internes ?
La saison dernière des Suns est une réelle descente aux enfers. Après une première place de l’Ouest avec le meilleur bilan NBA en régulière, les Arizoniens ont totalement choke une avance de 3-2 face aux Mavs de Luka Doncic. Des Games 6 & 7 honteux, et une aventure qui se termine par une élimination à la maison sur un blow-out de 33 points. En interne, le cas DeAndre Ayton pose de plus en plus de soucis. Malgré une prolongation tardive cet été, un transfert n’est pas à écarter en cours d’exercice. En attendant, le pivot devra faire le boulot où ça pourrait vite se compliquer. Cam Johnson remplacera certainement Jae Crowder dans le cinq majeur. Mais le banc regorge toujours de joueurs de talents : Cameron Payne, Landry Shamet, Damion Lee, Torrey Craig, Bismack Biyombo, et le retour de Dario Saric après une saison blanche.
Après deux saisons excellentes, jusqu’à arriver à deux victoires du titre, les Phoenix Suns devront montrer qu’ils s’inscrivent sur le temps long. On a hâte de voir Devin Booker continuer à exploser et à s’inscrire comme le vrai et seul patron de cette franchise. Malgré les conflits intestins, ce groupe est complet, profond et talentueux. Les joueurs se connaissent et Monty Williams peut compter sur une continuité et des automatismes bien présents. La saison régulière ne devrait pas poser de problèmes, à part en cas d’éclat en plein vol du vestiaire. En PlayOffs, on attendra une réponse à l’humiliation subie. En pensant au déclin inévitable qu’attend Chris Paul, le temps peut vite être compté en Arizona.
Les Clippers confirmeront-ils leur statut de favoris ?
Les Los Angeles Clippers ont eu une étiquette de favoris au-dessus d’eux. Et à juste titre. Après une saison en demi-teinte, éliminés en Play-In, les californiens pourront compter sur deux retours à 100% de Kawhi Leonard et Paul George. Un été assez discret au niveau des transferts, si on omet l’ajout très intéressante d’un certain John Wall qui aura à cœur de se relancer dans une équipe dont il n’aura pas la responsabilité. Sur le papier, c’est certainement le roster le plus complet et le plus complémentaire. Un roster hyper fourni, avec des postes doublés voire triplés. Tyronn Lue peut s’appuyer sur un groupe sur la continuité et qui aura faim de revanche. De nombreuses possibilités, des deux côtés du terrain, facilitées par quelques joueurs two-way de haute facture. Les Clippers ont tout pour réaliser une grosse saison régulière. Le board ne prendra cependant aucun risque avec Kawhi, PG et Wall pour arriver avec tout le monde en forme en Playoffs. Ensuite, la question est simple : les Clippers peuvent-ils enfin surpasser leur étiquette de loosers/chokeurs pour assumer celle de favoris ? La réponse en avril prochain. En attendant, ce sera sans aucun doute une des équipes à suivre tant elle peut nous offrir un sacré spectacle.
Des contenders aux visages de favoris
Encore une fois, la jungle est bien fournie à l’Ouest. Derrière le trio qui se détache, sur le papier du moins, une armée de contenders ont franchement de quoi les regarder dans les yeux.
Ja Morant peut-il déjà emmener les Grizzlies aux sommets ?

Memphis a explosé toutes les attentes la saison dernière, plus que n’importe quelle autre équipe. Alors qu’on s’attendait à une saison de préchauffage, les Grizz ont engrangé 56 victoires et ont pris la deuxième place à l’Ouest. Rien que ça. Ja Morant sort une saison de calibre MVP avec des moyennes de 27,4 points, 5,7 rebonds et 6,7 assists, et est (selon les avis) le joueur le plus excitant à regarder de la Ligue. Après une régulière énorme, ils se défont non sans mal des Wolves au premier tour des Playoffs, avant de céder face aux champions californiens, avec une blessure de Morant à partir du game 4.
Mais l’inter-saison laisse un goût un peu fade en bouche. Le roster se voit délaisser de De’Anthony melton et Kyle Anderson, deux joueurs essentiels qui remplissaient pas mal de cases. Niveau arrivée, rien sur le papier ne vient remplacer numériquement ces départs, ce qui laisse un trou sur le banc et à la mène. On note tout de même l’ajout d’expériences et d’un excellent 3&D en la personne de Dany Green. Il faudra également faire sans Jaren jackson Jr., sûrement out jusqu’à janvier. Le talent de Ja n’est sujet d’aucun débat, la façon dont il est entouré est tout autre. Ce groupe a perdu en talent et en profondeur. Mais ce groupe se connaît, a de grosses bases sur quoi construire, en commençant par de la complémentarité et une bonne atmosphère dans le vestiaire. On peut de toute façon s’attendre à une petite baisse de régime, tant ils ont performé l’an dernier, mais le boulot sera fait en régulière.
Jokic retrouve deux pépites, enfin l’heure des Nuggets ?
Sur les quatre dernières saisons, Denver est allé deux fois en demi de conférence, une fois en finale dans la bulle en 2020, puis a logiquement perdu au premier tour face aux Warriors cette année. Cela fait deux ans que les blessures de Jamal Murray et Michael Porter Jr. coûtent les ambitions des Nuggets. Cette saison, le double MVP en titre Nikola Jokic retrouve ses collègues pour former un big 3 qui a déjà montré de belles choses. L’été a aussi été rythmé par quelques mouvements, les départs de Monte Morris et de Will Barton, ainsi qu’une floppée de vétérans (DeMarcus Cousins, Austin Rivers, JaMychal Green). Ainsi que par les arrivées de Kentavious Caldwell-Pope, Bruce Brown, Ish Smith et DeAndre Jordan.
Nikola Jokic qui sort de deux saisons historiques, et qui retrouvent deux joueurs calibres All-star, ça fait forcément peur. Mike Malone, en bon magicien, a de sacrés pièces pour faire de cette saison quelque chose de magique. Le big three est très jeune : Jokic 27 ans, Murray 25 ans, Porter Jr. 24 ans ; en y rajoutant un Aaron Gordon aussi âgé que le Serbe, on a une ossature très précoce qui se rapproche de son prime. Le temps ne presse donc pas. Mais les années exceptionnelles de Jokic se suivent sans l’ombre d’une Finale NBA au bout du nez. La saison régulière va permettre de retrouver une harmonie avec deux joueurs essentiels qui ont loupé quasiment tous les matchs depuis plus d’un an. Il sera très intéressant de voir comment se comporte les Nuggets au complet. Ce groupe a tous les ingrédients pour se hisser tout en haut de la conférence Ouest et jouer les trouble-fêtes plus vite que prévu en PlayOffs, à condition d’y arriver avec tout le monde à 100% physiquement.
Luka Doncic veut goûter aux Finales NBA

Dallas a réalisé ce qui n’est pas loin de la saison parfaite pour eux. Après des premières semaines compliquées, les Mavs réalisent une deuxième partie de saison spectaculaire et finissent dans le Top 4 à l’Ouest. Jalen Brunson sort les matchs de sa vie avant que Luka le rejoigne pour faire exploser le Jazz au premier tour. Puis vient cette demi-finale face aux Suns, ultra-favori, remporté en sept matchs avec des games 6 & 7 en mode rouleau compresseur, avec un Luka Doncic somptueux. Une première finale de conf pour le slovène, logiquement perdue face à Golden State. S’en suit un gros été, avec le départ de Brunson, Trey Burke et Marquese Chriss puis les arrivées de Christian Wood et JaVale McGee. Au final, un frontcourt renforcé mais personne pour suppléer Luka à la mène et au scoring (comme a pu le faire Brunson). Cette équipe est gorgée de confiance et de continuité, avec une floppée de role players efficaces : Tim Hardaway Jr., Bullock, Finney-Smith, Kleber, Powell. Spencer Dinwiddie et sa régularité seront un énorme facteur X pour les ambitions texanes. Luka peut lui espérer le titre de MVP. Pour ça il faudra faire au moins aussi bien que la saison dernière, chose pas évidente vu la concurrence.
Ceux qui ont soifs de victoires
Les Wolves menés par un big four sauvage
Le trio D’Lo, Edwards, KAT a fait sourire plus d’un fan NBA. Très plaisants à voir jouer, les Wolves ont confirmé les attentes qu’on avait en eux, un peu plus fort que prévu. Ils éliminent les Clippers en Play-In (avec cette image de Pat Bev debout sur la table de marques) et accrochent la septième place. S’en suit une série disputée face aux Grizzlies mais les loups s’inclinent en six. Anthony Edwards étale déjà tout son talent, et ça fait beaucoup de bonnes choses sur quoi s’appuyer pour la suite. Puis le board a décidé de réaliser un énorme coup, accélérant à vitesse grand V les ambitions de succès.
Rudy Gobert arrive à Minnesota et entraîne le départ de cinq joueurs dont Pat Bev et Malik Beasley. Des départs plutôt bien compensés vu la marge de manœuvre, avec les arrivées d’Austin Rivers, Bryan Forbes et Kyle Anderson. Les Wolves ont désormais un big four et un roster bien fourni à chaque poste. La grande question sera évidemment l’alchimie entre tous ces talents, mais ce groupe a de réelles capacités des deux côtés du terrain (à défaut que la défense ne soit pas la seule affaire de Gobert, comme on a parfois vu au Jazz). Ils ont tout pour faire mieux et l’objectif sera assurément de passer au moins le premier tour de Playoffs. Mais en face d’eux, des équipes aussi talentueuses et plus expérimentées.
Les Pelicans ont envie de déployer leurs ailes
New Orleans a été l’une des sensations du dernier exercice. Sans Zion, les espoirs étaient maigres. Brandon Ingram, et CJ McCollum arrivé en février en ont décidé autrement. Ce groupe profite de sa dynamique montante pour se hisser en Play-In où ils élimineront les Spurs puis les Clippers pour s’offrir une aventure en post-season. Loin d’être ridicules, ils bousculent un peu les Suns et leur prennent deux matchs. Le groupe ne changera pas pour la reprise. Hormis le retour d’un petit prospect, Zion Williamson.
Sur une dynamique très positive, les Pels récupèrent le freak et peut nourrir de plus grosses ambitions. Dans la continuité, ce roster possède de nombreux talents indéniables : Zion donc, Ingram, McCollum, Valenciunas, Larry Nance Jr, Herb Jones, Devonte’Graham … L’objectif sera tout d’abord d’avoir une saison complète de Zion Williamson, un bilan positif et pourquoi pas se qualifier directement en PlayOffs. Le reste ressemblera à du bonus, même si on n’est pas à l’abri d’un dépassement des attentes.
Les Lakers peuvent-ils nous surprendre ?

Qu’ils sont forts les doutes pour une équipe qui possède LeBron James, Anthony Davis et Russell Westbrook. La saison dernière ressemble à un long cauchemar sans fin pour les fans des Lakers. Hormis un LeBron toujours calibre MVP à 65 ans, mais de plus en plus embêté par les bobos, pauvres sont les satisfactions. Ce groupe est construit à l’envers, les stars sont de plus mal entourés, et le contexte Westbrook devient plus toxique de jours en jours. L’ajout de Schröder peut amener une alternative à la mène, les ajouts de Pat Bev, Loonie Walker IV et Juan Toscano Anderson sont intéressantes.
Mais ce groupe manque de beaucoup de choses. De cohérence pour commencer. De shooteurs et de défense pour suivre. Il y a bien plus de scénarios où les Playoffs se dérouleront sans LeBron que l’inverse. Et qu’on soit fan ou pas, ça reste un crève-cœur. Les talents du chosen one et d’Anthony Davis (s’il joue plus de 55 matchs) feront gagner des matchs. Mais pour exister dans cette jungle à l’Ouest, il faudra bien plus que deux talents individuels.
Lillard de retour, les Blazers peuvent-ils redevenir compétitifs ?
Avec une saison blanche de Lillard et le départ de Mccollum à la trade deadline, les Blazers ont vécu une saison bien galère. Ça finit à la treizième place avec seulement 27 victoires. Une saison à oublier et un roster remanié. Avec CJ, ce sont Norman Powell, Larry Nance Jr. et Robert Covington qui sont partis de l’Oregon. Cet été, Jerami Grant, Gary Payton II et Jabari Walker sont venus complétés l’effectif. Mais la grosse actu est évidemment le retour en forme de Damian Lillard. Dans un backcourt avec Anfernee Simons qui a explosé la saison dernière, ça fait une bonne base. Nurkic, Josh Hart et Grant s’occuperont surement du front court.
Des choses intéressantes mais un roster qui semble un peu court face à la concurrence. Portland aura pour objectif de redevenir compétitif et voudra participer au Play-In tournament. De là à les voir plus haut, il faudra montrer un sacré caractère à l’Ouest. Mais Lillard est de retour et revanchard, il voudra rappeler à tout le monde qui il est. Cela promet des belles soirées et de beaux cartons offensifs de Dame Time.
L’avis et le pronostic du rédacteur
Quelle est difficile à analyser cette conférence Ouest. Hormis quelques équipes qui semblent avoir un coup d’avance, les autres sont clairement un casse-tête à classer tant le niveau est élevé dans beaucoup de franchises. Des jeunes stars, des effectifs XXL, des revanchards … Ce Wild Wild West va encore faire de gros dégâts et les places en Playoffs seront extrêmement chers.
- Clippers – 56 victoires
- Suns – 54 victoires
- Warriors – 53 victoires
- Grizzlies – 50 victoires
- Nuggets – 49 victoires
- Mavericks – 48 victoires
- Pelicans – 46 victoires
- Wolves – 46 victoires
- Lakers – 43 victoires
- Blazers – 41 victoires
Les Clippers, Suns et Warriors semblent avoir une longueur d’avance, de par leur continuité, leur longueur d’effectif et leur expérience. Derrière, c’est la jungle. Memphis et Dallas peuvent s’appuyer sur deux joueurs de 23 ans qui peuvent être MVP, et Nuggets sur son double MVP en titre et les retours de ses deux lieutenants. Ce sera une grosse bataille pour le Top 4, et il n’est pas invraisemblable d’affirmer qu’ils peuvent se mêler au podium si ça tangue là-haut. Pelicans et Wolves semblent encore un peu court sur le papier et ce serait assez fort de les voir monter plus haut au classement. Concernant Lakers et Blazers, c’est les gros points d’interrogation qui définiront beaucoup de choses dans la saison à l’Ouest. Si ça clique, ce sont deux équipes qui peuvent totalement remaniés la hiérarchie. Une saison plus que passionnante dans un conférence de plus en plus fournie et compétitive.
